BAZILLE Famille

Famille BAZILLE, famille montpelliéraine, dont la plupart des membres sont inhumés au cimetière protestant de la ville.

La famille Bazille s’illustra à Montpellier d’abord par une dynastie de maîtres orfèvres aux XVIIe et XVIIIe siècles, demeurés protestants tout en se soumettant extérieurement aux actes de catholicité nécessaires à la vie civile.

Paul-David Bazille (1740-1793), issu de la branche aînée, époux de Madeleine Roqueplan, réalise la martelette et la truelle d’apparat armoriées qui servent pour la pose de la première pierre du nouveau Peyrou en 1766 ; ardent révolutionnaire, il est en août 1789 membre de la Commission municipale du suffrage universel ; chargé d’inventorier l’orfèvrerie des églises et couvents, il est directeur de la Monnaie de Montpellier de 1791 à 1793.

Son fils Marc-David-Pascal Bazille (né en 1762) lui succède à cette fonction en 1793, mais abandonne l’orfèvrerie pour devenir négociant en 1804, comme ses frères Pierre-Jean-Jacques-David Bazille (1763-1830) et Paul-David Bazille (1771-1802) : tous trois épousent les filles de riches négociants ou banquiers (respectivement Marie Barrau, Julie Banne et Françoise Huc).

La branche cadette se tourne plus tôt vers le négoce, lorsque Paul-David Bazille (1711-1784), époux de Magdeleine Albus, fabricant de verdet puis marchand-commissionnaire, reprend en 1745 la maison de commerce de son oncle par alliance, Guillaume Sarran, désormais connue sous le nom de Veuve Sarran & Bazille.

Son fils David-Guillaume Bazille (1739-1807), marchand-commissionnaire et armateur, consul de Hollande à Cette, épouse en Suisse la montpelliéraine Jeanne Teulon (1750-1840) pour échapper à l’interdiction des mariages protestants dans le royaume de France. Le couple a six enfants, dont JeanJacques Bazille (1773-1848), dit Bazille-Méjean, négociant, vice-commissionnaire de la République batave à Cette et dans les autres ports du Languedoc, conseiller municipal à Montpellier en 1833, adjoint au maire en 1835, qui avait épousé sa cousine germaine Marguerite-Madeleine Méjean (1775-1841), fille d’André Méjean, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, acquéreur du domaine de Fontfroide dans les environs de Montpellier, et de Magdeleine-Jeanne Bazille.

La fille de David-Guillaume, Jeanne Bazille (1774-1844), épouse le négociant Louis-Michel Castelnau, qui entre dans la maison de commerce Sarran & Bazille : ils sont à l’origine de la nombreuse descendance Castelnau.

Jean-Jacques Bazille (1745-1815), frère de David-Guillaume, époux de Rose-Gabrielle Aribert, est orfèvre avant 1778, puis cadet négociant.

Le troisième frère, Marc-Antoine Bazille (1749-1820), est lui aussi associé dans la maison de commerce familiale. Membre de la Chambre de commerce de Montpellier, il devient en 1798 président de l’administration centrale de l’Hérault, se préoccupant notamment d’enrichir les collections du musée de la ville naissant. Ancien du Consistoire de l’Église réformée rétablie à la Révolution, il y assure les fonctions de secrétaire. Il épouse en premières noces Suzanne Frégefon (1758-1791), fille du négociant Pierre Frégefon, puis, veuf, il convole avec la fille d’une grande famille originaire d’Annonay et réfugiée à Morges (Suisse) pour cause de religion, Catherine Johannot (1768-1856).

Sépulture de M. A. Bazille au cimetière protestant  [photo ass. MP]

Sépulture de M. A. Bazille au cimetière protestant
[photo ass. MP]

Sépulture de Catherine Johannot au cimetière protestant [photo ass. MP]

Sépulture de Catherine Johannot au cimetière protestant
[photo ass. MP]

Parmi les enfants de Marc-Antoine :

Émilie-Marie-Magdeleine Bazille (1780-1835) est l’épouse de Durand-Eustache-Louis de Paul (1763-1839), adjoint à la mairie de Montpellier, conseiller de préfecture ;

-Jean-Jacques-Ernest Bazille (13/08/1783-18/01/1835), négociant : marié à la fille du négociant François Tandon, il est le père de Marc-Antoine-Jules Bazille (02/04/1811-16/07/1872), époux de Jeanne Cazalis-Allut (1817-1899), et du sénateur Gaston Bazille (1819-1894) ;

Marc-Antoine-Aimé Bazille (03/02/1796-24/03/1817), mort à 21 ans « victime de son amour excessif pour l’étude » selon les termes de son épitaphe ;

-David-Marc-Scipion Bazille (05/08/1793-03/12/1853), négociant également, époux de Délie Castelnau (1799-1870), sa cousine, d’où neuf enfants. C’est lui qui spécialise la vieille maison familiale dans le commerce du vin, pour en faire l’une des plus grandes maisons de spiritueux, vins et alcools de la place. Membre du conseil d’administration de la Banque de France, il est l’un des promoteurs de la ligne de chemin de fer Montpellier-Toulouse en 1846. Il est par ailleurs vice-président de la Société biblique auxiliaire de Montpellier. Son fils Nicolas-Scipion-Louis Bazille (23/10/1828-25/11/1886) lui succède, mais il se fait surtout remarquer par sa passion pour l’art et pour la grande culture de la vigne : vice-président de la Société d’horticulture de l’Hérault, il mène les premières expériences sur les vignes américaines dans son domaine de Saint-Aunès et traduit notamment, avec Planchon, le catalogue des vignes américaines de Bush et Meissner.

Tombe de la famille Bazille [photo ass. MP]

Tombe de la famille Bazille
[photo ass. MP]

Tombe de la famille Bazille  [photo ass. MP]

Tombe de la famille Bazille
[photo ass. MP]

 Engagés dans l’Église réformée, les membres de la famille occupent régulièrement des charges dans les conseils ou dans les associations de charité.

Mme Gaston Bazille (née Camille Vialars, qui fait entrer dans la famille Bazille le domaine de Méric immortalisé par les tableaux de son fils, le célèbre Frédéric Bazille) dirige le Comité de bienfaisance des dames protestantes. Son fils le banquier Marc Bazille (09/05/1845-02/12/1923) est membre du consistoire et préside pendant vingt ans la Société protestante de secours mutuels.

Ils appartiennent en général à la tendance dite libérale, mais aussi à la minorité évangélique qui s’affirme dans le dernier tiers du XIXe siècle : ainsi Louis Bazille est-il non seulement membre fondateur de la Chapelle de la rue Brueys (en 1873), mais il démissionne du diaconat de l’Église nationale concordataire pour devenir président du diaconat de l’Église indépendante.

Sources : Dictionnaire de biographie héraultaise, Pierre Clerc éditeur. Paul Romane-Musculus, « Généalogie de la famille Bazille », Bulletin Historique de la Ville de Montpellier, n° 8 et 9. Jean Thuile, L’Orfèvrerie en Languedoc du XIIe au XVIIIe siècle, 1966.

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