BESTIEU Jean Jacques

Jean Jacques BESTIEU (Montpellier 1754-1842). Peintre.

C’est le 8 mai 1842, à tout juste 10h du matin que monsieur Nailhé, adjoint à la mairie de Montpellier, a enregistré auprès du jeune avocat Barnier et du sous-lieutenant Thomas, le décès à 87 ans du peintre montpelliérain Jean Jacques Bestieu, dans sa maison Izard, rue Girome.

Né le 23 août 1754, Jean Bestieu a été élevé par ses parents Jeanne Brun et l’avocat Guillaume Bestieu, dans une famille montpelliéraine. Son père, après la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773, enseignait les langues anciennes aux élèves de troisième du Collège Royal de Montpellier, ce qui a pu favoriser le gout du peintre pour l’art et la culture. Ainsi, en 1778, alors qu’il est âgé de 24 ans, Jean Bestieu décide d’entrer à l’Académie des Beaux-Arts de Coustou où il obtient son diplôme. Après un séjour à Rome, il revient dans sa ville natale en 1786 où il se voit offrir, à la suite de Gramelin, le poste de directeur de la Société des Beaux-Arts de Montpellier.

Au cours de sa carrière, il enseigne également le dessin à l’École centrale du département de l’Hérault. En 1797, soit dix ans après sa nomination en tant que directeur, Jean Bestieu est choisi pour succéder à Fontanel comme conservateur du fond d’oeuvres d’art de l’Ecole Centrale de Montpellier, dont il a pu enrichir la collection en 1803 d’une trentaine de tableaux offerts par Chaptal, devenu ministre de l’Intérieur. A côté d’une carrière d’enseignant, il montre aussi un fort engagement politique car dès 1796, il est associé à la Société populaire de Montpellier et devient membre de la municipalité.

Mais Jean Bestieu est avant tout un peintre montpelliérain que le musée Fabre range dans la catégorie de « mal aimé ». Peu connu aujourd’hui, il s’est surtout spécialisé dans la peinture religieuse, réalisant différents tableaux tels que la Descente du Saint-Esprit dans le cénacle à la chapelle des Pénitents blancs de Montpellier. Il a également réalisé des peintures d’histoire, genre le plus apprécié de son époque, notamment avec le Brutus condamnant ses fils à mort, conservé au musée Fabre ou Le Portrait de Philippe Laurent de Joubert, seigneur de Bosq, Trésorier de la Bourse des États du Languedoc, aujourd’hui situé dans la chapelle de la Dévote et Royale Confrérie des Pénitents bleus de Montpellier. Enfin, Jean Bestieu semble avoir mené une activité picturale durant la période révolutionnaire puisqu’il est possible de trouver aux archives départementales de Pierresvives deux de ses oeuvres : Cincinnatus et les envoyés du Sénat et le Portrait de Louis XVIII.

Sources :
http://archives-pierresvives.herault.fr
https://mediatheques.montpellier3m.fr
http://www.culture.gouv.fr
– Barbara Alex, « Jacques Bestieu (1754-1842). Un peintre montpelliérain de son temps», Liame,  4, 1999, p. 126-127.

Morgane COLNEY