CONRY Kate Mary, épouse EGERTON

CONRY Kate Mary. Née en 1839 à Dublin (Irlande), décédée le 30 décembre 1880 à Montpellier. Epouse Hugh Aldersey EGERTON. Fille de Thomas Edward CONRY, esquire.

Kate Mary, Irlandaise catholique, née à Dublin en 1839, est la deuxième fille d’un avocat irlandais Thomas Edward Conry (1810 Dublin-1850 Auckland) installé dès 1842 à Auckland (Nouvelle-Zélande) et décédé brutalement à l’âge de 39 ans. En 1851, ce qui reste de la famille Conry rejoint le grand nombre de colons d’Australie du Sud. La vie de Kate commence sous de tristes hospices.

25 mai 1859, Adélaïde, Victoria Square : en la toute nouvelle cathédrale catholique, le très révérend vicaire général, assisté du révérend J. Smyth, célèbre l’union de la jeune Kate Mary, 20 ans à peine, à l’esquire Hugh Aldersey Egerton (1834 Bunbury-1913 Great Bedwyn).

L’homme à qui Kate lie son destin est membre de l’Eglise réformée, troisième fils des dix enfants du pasteur John Egerton (1796-1876), petit-fils du pasteur Charles Egerton et frère de trois pasteurs. Hugh est un soldat, décoré de la Médaille de Crimée et de la Légion d’honneur pour sa bravoure aux combats d’Inkerman et de Sébastopol en 1854. Vers 1855, en Australie du Sud, il créé une vaste propriété près d’Adélaïde. En 1856, il la vend, pensant retourner en Angleterre, change d’avis et s’installe à Kapunda. C’est un homme actif et casse-cou qui se fixe enfin en épousant Kate Mary.

Le 11 Juillet 1860 à Ross Creek près de Kapunda, Kate met au monde sa fille aînée qui reçoit le prénom de sa grand-mère paternelle Ellen, mais est élevée dans la religion catholique. Pendant ce temps, le capitaine Hugh, co-fondateur des forces volontaires de défense d’Australie du Sud, les Kapunda Rifles, organise des occupations viriles remarquables, des concours de tirs au fusil entre volontaires, transformant  Kapunda en une ville festive, grouillante de gent féminine et de tenues réglementaires. Kate suit dans un charriot réservé aux dames et assiste aux exploits de son époux qui préside les banquets et porte de nombreux toasts.Kapunda

Leur seconde fille, Lucy Mary Julia, naît le 12 mai 1863 et en juin, Hugh, plein d’énergie, s’associe dans un cabinet de commissionnaires. En fait, victime d’un associé sans scrupules, il est déclaré en banqueroute. Pour M. et Mme Egerton, notables connus depuis de nombreuses années, c’est le déshonneur : Hugh démissionne des Kapunda Rifles et en septembre 1863, honteux, le couple et les enfants partent définitivement pour Melbourne. Les adieux à Kapunda sont terribles pour Hugh, déchirants et humiliants pour Kate, malgré le bel hommage de la population locale qui leur conserve sa sympathie. Les habitants, l’orchestre de la mine, deux compagnies de volontaires présentant les armes, les conduisent en procession jusqu’à la gare.

A Victoria, Hugh trouve un emploi de gestionnaire à l’Inverness Gold Mining Company. Déchargé de sa banqueroute, il devient actionnaire en juillet 1867 et dirige également La Princesse Quartz Mining Company. En 1868 Kate donne naissance à Mary qui décède âgée de neuf mois. La vie de Kate bascule dans le désespoir mais sa foi la soutient dans l’épreuve.

En 1871, Hugh fonde avec deux associés Egerton et Cie, un commerce de courtier en valeurs mobilières avec une agence à Melbourne. L’histoire se répète et en 1872 l’entreprise est liquidée.

Kate est épuisée et démoralisée. En bonne catholique romaine, il est hors de question pour elle de divorcer mais elle prend enfin seule une décision, elle rentre à Londres avec les enfants : leur route se sépare. En 1873, Hugh, qui a fait seul le voyage retour, revient vivre chez ses parents à Hextable. Aucune référence à Kate et aux enfants dans les recensements anglais.

Les nombreuses traversées lui auraient-elles laissé des souvenirs douloureux ? Il dépose un brevet pour améliorer la construction de ferries et navires traversant la Manche sans tangage ni roulement. En 1875, apprenant qu’un trois-coque à vapeur est équipé du système qu’il a inventé, il intente un procès. En 1876, il en dépose un autre pour améliorer la construction de quais flottants, suggérant, en vieux colonial, qu’ils pourraient être utilisés dans le transport maritime des bovins vivants de l’Australie à l’Angleterre. C’est un échec.

En 1880, Ellen Anna Lucy, leur fille aînée est à Montpellier. Est-elle venue se soigner au soleil du Sud de la France ? Elle décède en septembre, à l’âge de 20 ans. Kate accourt aussitôt de Londres et s’installe à Montpellier, rue de l’Observance. Elle y décède (de chagrin ?) à 41 ans, 2 mois après sa fille chérie, en décembre 1880. Hugh respecte leur religion, elles sont inhumées ensemble au cimetière Saint-Lazare. La concession, jamais renouvelée, a été reprise par la ville.

Après le décès de Kate, Hugh s’installe en France jusqu’en 1891, épouse une Française, prénommée Eugénie Joséphine, dont il aura (enfin) un fils, Charles Hertel EGERTON (Fécamp, 22 septembre 1884 – Saint-Jean de Luz, 16 octobre 1951). En France, il achète des biens dont un château, puis retourne en Angleterre dans un logement meublé jusqu’en 1903, revient vivre au château, abandonne le château, enfin s’installe à Great-Bedwyn (Angleterre), où il décède le 5 octobre 1913.

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