THOUZELLIER Léon

Nos Héros à nous : Les as oubliés de 14-18

THOUZELLIER Léon Charles Marie, Lieutenant Pilote aviateur en 14-18. Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de Guerre avec palmes, Officier du Ouissam Alaouite Chérifien. Né le 5 juillet 1893 à Montpellier, Mort pour la France à  Sathat El Kor (Algérie) au retour du Raid Tunis-Casablanca-Tunis le 18 novembre 1919. Célibataire. Fils d’Eugène Achille Marie, négociant, et Jeanne Léonie Marie Plagnes.

ThouzellierNé à Montpellier 1 rue des Trésoriers de France, Léon Thouzellier fait ses études au Lycée de cette ville : son nom figure dans le livre d’or de l’établissement.

De la classe 1910, il s’engage dans le service actif à Montpellier le 2 octobre 1911 au 1° Hussards de Chartres. A la mobilisation en 1914, le 1° Hussards combat dans le 2e Corps d’Armée en Lorraine.

Le 5 août 1915 il passe à l’aviation comme élève pilote au MF 58 du Bourget et devient un des premiers pilotes de l’armée de l’air naissante quand il obtient son brevet militaire de pilote le 22 septembre 1915.

Nommé Adjudant le 16/8/1916 au F 58 (ex MF 58), il part au Régiment du Génie de l’Air (RGA) le 31/10/1916. Cité à l’ordre du corps d’armée le 10/12/1916, il est nommé Sous-lieutenant le 30/9/1917, cité à nouveau à l’ordre de l’armée le 24/10/1917. Pilote d’un Biplace dans l’escadrille AR 58 (ex F 58) basée au Val Dahon le 21/12/1917, il est nommé le 4 Janvier 1918 Lieutenant à l’escadrille SPA 103 sur un avion Spad 103, à Maisonneuve (02), puis au Groupe de Combat (GC) 12 le 31 janvier 1918.

Personnels de l'escadrille F 58 avec son emblème : le coq noir à patte levée -  Photo Marcel Figeac collection de M. René Lemaire Via Tim Larribau ; Thouzellier est le 4° de la première ligne (Extrait de albindenis.free.fr)

Personnels de l’escadrille F 58 avec son emblème : le coq noir à patte levée – Photo Marcel Figeac collection de M. René Lemaire Via Tim Larribau ; Thouzellier est le 4° de la première ligne (Extrait de albindenis.free.fr)

Une journée ordinaire du lieutenant Thouzellier : 9 mai 1918 

Levé à 4h du matin.
René Fonck sur son Biplace fait un premier tour au lever du jour mais revient rapidement: trop de brume.
Dans l’après-midi vers 15h 30 il décide une patrouille avec le lieutenant Battle et le lieutenant Fontaine.
Il met son plan au point: à lui l’initiative de déclencher l’attaque, puis ensuite à ses coéquipiers de réagir si besoin.
Parti en patrouille du côté de Montdidier. Vers la ligne de ballon française il aperçoit 3 biplaces (un rumpler en mission photographique protégé par deux chasseurs) qui se dirigent vers lui.
Attaque le premier qui tombe en flamme. Vire à gauche, tire 5 balles sur le second qui se présente en position 3/4 avant.
Laisse s’éloigner et revenir le 3ème. L’abat d’une rafale. Rentre au terrain.
Ses trois victoires sont déjà connues. Le général Débenay commandant de la 1ère armée le félicite par téléphone. Pense que les Allemands vont revenir.
Redécolle dans une patrouille avec le lieutenant Thouzellier et le sergent Brugères.

Le lieutenant Thouzellier : photo sur sa tombe au cimetière Saint-Lazare

Le lieutenant Thouzellier : photo sur sa tombe au cimetière Saint-Lazare

17h17, il abat un Albatros qui revenait des lignes françaises. Ayant perdu de vue ses co-équipiers, il continue seul, situation qu’il préfère. Aperçoit un groupe de 9 qui évoluent en losange sur deux étages en remontant vers Montdidier. 5 Fokker en haut, 4 Pfalz en bas.
Décide d’attaquer le Pfalz de queue, le descend, tire ensuite l’avion de tête alors que les deux avions de cotés ont chacun de leur côté effectué un renversement d’échappement. Le Pfalz est atteint, pique, se met en vrille le pilote tué net. Puis continuant sur sa lancée Fonck traverse le reste de la patrouille allemande désorganisée et abat l’avion de tête. Il rentre au terrain où il est acclamé.

Le 5 Novembre 1919, 4 avions de l’aviation marocaine et tunisienne participent au Raid Tunis-Casablanca-Tunis. L’exploit consiste à ouvrir de nouvelles voies aériennes en Afrique du Nord entre la Tunisie et le Maroc et pour la première fois, une escadrille va effectuer par voie aérienne un aller-retour entre les deux pays. L’itinéraire prévu en 16 étapes relève du tour de force, la mission n’est en rien comparable à un raid européen. Les aléas météorologiques sont à craindre et le ravitaillement est périlleux. Le lieutenant Thouzellier, qui portait l’insigne de l’escadrille des cigognes, et son équipier le lieutenant Schmitter, qui est également son mécanicien, ont pris place sur un Bréguet XIV (moteur Renault de 300 CV), biplan léger et rapide. Le départ de la première étape n’est pas de bon augure…

Thouzellier est le second en partant de la gauche. Photo prise avant le départ du raid Casablanca-Tunis. Extrait de "Des Ailes et des Hommes", de Bouraoui Ben Ali, éditions Pharos 2005.

Thouzellier est le second en partant de la gauche. Photo prise avant le départ du raid Casablanca-Tunis. Extrait de « Des Ailes et des Hommes », de Bouraoui Ben Ali, éditions Pharos 2005.

L'insigne de l'escadrille des cigognes

L’insigne de l’escadrille des cigognes

L’Express du Midi, édition de Toulouse du 06/11/1919

L’Express du Midi, édition de Toulouse du 06/11/1919

Après leur décollage de Tunis, les quatre avions biplace atteignent normalement Téléma, près de Constantine, malgré le sirocco, les bourrasques de vent et la pluie. Le temps de vol a été de 4h30 à une altitude variant entre 700 et 5000 mètres. En raison du mauvais temps, toute l’escadrille est obligée de s’arrêter à Constantine au lieu d’Alger.

Le lendemain 6 novembre 1919, les avions décollent de Constantine pour atteindre Hussein Dey. Le voyage est très pénible.

Sur le trajet du retour, surpris par les nuages et la pluie dans les montagnes de Kroumirie et obligé de rouler à quelques mètres de terre, le malheureux Thouzellier avait rencontré un obstacle masqué… 

 L’accident tragique a fait oublier la réussite de l’entreprise.

Il fut décoré de l’ordre honorifique du Ouissam El Alaouite, considéré comme l’équivalent de la Légion d’honneur française, pour avoir rendu des services éminents au Royaume du Maroc.

Ordre du Ouissam Alaouite Chérifien, étoile d'officier du 1er type, en vermeil et émail.

Ordre du Ouissam Alaouite Chérifien, étoile d’officier

ThouzellierIl est inhumé dans la concession familiale du cimetière Saint-Lazare, section E n°13 du 2° rang.

Tombe de la famille Thouzellier [photo ass MP]

Tombe de la famille Thouzellier
[photo ass MP]

Sources : http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille058.htm

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