MIRO-CAMOIN Cécile

CAMOIN Marie Henriette Cécile, dite MIRO-CAMOIN Cécile. Cantatrice soprano, artiste lyrique et dramatique. Née le 7 juin 1812 à Anvers (Belgique), décédée le 16 avril 1855 à Montpellier. Epouse de M. MIRO, puis épouse en seconde noces d’Alfred Antoine Joseph DIDOT. Fille de Janvier Honoré CAMOIN et Marie Anne AUGE.

Dans la famille Camoin, le père, Honoré, est chanteur dans la troupe de l’Odéon, la mère Marie Anne Augé est première danseuse en tout genre et première mime. La fille aînée, Marie Magdeleine Désirée (Toulouse 1807–Marseille 1884), soprano, débute très jeune dans Jean de Paris avec le célébrissime chanteur montpelliérain Adolphe Nourrit ; elle épouse Alphonse Dérancourt, artiste dramatique, et fait une brillante carrière en Italie sous le nom de Désidérata Dérancourt. Le frère, baryton et comédien, puis ténor basse-taille, épouse la chanteuse Melle Lemesle et fait carrière au Théâtre de la Haye.

Cécile, la plus jeune, naît à Anvers où ses parents se produisent. Douée pour le chant, elle fait ses premières vocalises sous leurs auspices, mais pour devenir chanteuse et comédienne de renom, son père lui impose un enseignement de qualité auprès du compositeur Luigi Chérubini, directeur du Conservatoire de Paris. Cécile, docile et courageuse, fait le sacrifice de quitter sa famille, s’applique à l’étude avec ardeur et à force de travail parvient à assouplir et diriger sa jolie voix.Cécile Miro-Camoin

En 1831, pour rivaliser avec l’Opéra Comique, le directeur des Nouveautés mise sur ce talent naissant. Le grand lancement de Cécile a lieu à Paris le 14 janvier 1832 dans le rôle d’Adèle du Concert à la Cour. A la chute des Nouveautés, engagée à la salle Ventadour, elle joue dans Anna de la Dame Blanche, puis dans le Barbier de Séville et Les Sybarites de Florence. Un critique de l’époque dira : « A 19 ans, Mlle Camoin possède une voix étendue et d’une extrême agilité. C’est un des sopranos les plus remarquables qui soient sortis de l’école de Paris, comme actrice elle a de l’aplomb et de l’intelligence. On la dit fort sage et c’est un mérite au théâtre ».

Peu après, Cécile épouse M. Miro, pianiste et directeur du Théâtre de la Haye, et sera connue désormais sous le nom de Cécile Miro-Camoin. A l’Opéra-Comique, le 16 Décembre 1835 elle crée le rôle d’Henriette dans L’éclair d’Halévy où le violoncelliste de l’orchestre est un certain Jacques Offenbach. Pendant quelques années à Paris « son gosier de rossignol fait merveille ». C Miro-Camoin dans le role d'HenrietteEngagée à Toulouse, la chronique départementale annonce que Mme Miro -Camoin va devenir la Falcon du midi car elle se montre aussi profonde tragédienne que chanteuse habile. Engagée au prix de 200 francs par soirée, somme énorme à l’époque, elle obtient un grand succès dans l’opéra-bouffe Cosimo, devient chanteuse à roulade et confirme sa solide réputation en province et à l’étranger. En pleine gloire, elle côtoie tous les artistes importants comme le ténor Clément Miland, Valgadier, et Adolphe Nourrit. Ils resteront amis à vie.

Début 1838, la santé de la Prima dona s’est altérée. Elle rompt son engagement avec le directeur de Toulouse pour prendre les eaux. En septembre, elle reprend son engagement au Capitole et la critique salue son courage : « On ne chante pas mieux en bonne santé ! ». En décembre, elle est au Théâtre d’Anvers, enchaînant les représentations et les répétitions des Huguenots et Guido et Ginevra d’Halévy. Ensuite,au Grand Théâtre de Bruxelles, elle fait preuve de son talent complet en surmontant brillamment toutes les difficultés de la musique de Mozart, Meyerbeer, Paer et Rossini, jusqu’à tenir deux rôles dans le même opéra, danse une tyrolienne toujours gracieuse et charmante.

C Miro-Camoin dans le role de NormaSon indisposition paraît s’être changée en une maladie sérieuse et le théâtre, veuf de sa jolie prima dona, en est réduit un temps à sa troupe de comédie. Elle fait son retour et fin 1840, en tournée à Rotterdam avec la troupe française du Théâtre de La Haye toujours dirigée par son mari, elle interprète La Norma ; ensuite elle partage le triomphe de ses camarades dans Robert le Diable où Valgadier (futur directeur du Théâtre de Montpellier) tient le rôle du chevalier Bertram. En 1841 elle incarne le rôle de la Catarina, passe à Paris, puis à Lyon, où le chef d’orchestre de l’Opéra monte pour elle les Diamants de la Couronne.

Le 19 octobre 1845, elle épouse en secondes noces le fils d’un directeur des forges, Alfred Antoine Joseph Didot, artiste lyrique, basse taille du grand théâtre de Toulouse, de 10 ans son cadet. Les amis Valgadier et Miland sont ses témoins.

En 1854 elle est première chanteuse à roulades à Bruxelles. Sa gestuelle expressive et distinguée séduit toujours, mais le beau timbre de sa voix n’est plus que le témoin de sa puissance passée. Elle termine l’exil de sa carrière dramatique à Nîmes.

Le 16 avril 1855 le rideau tombe définitivement : la cantatrice virtuose meurt à Montpellier dans le superbe hôtel cosmopolite Nevet, place de la Comédie près du Théâtre, loin de son mari, en tournée à la Scala de Milan. Elle est inhumée au cimetière communal de la ville.

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