ADHEMAR Raoul et Amaury d’

Raoul et Amaury d’Adhémar, fils de Philippe vicomte d’Adhémar (né le 22 septembre 1822 et décédé le 26 mars 1879 à Montpellier) et d’Isabelle d’Adhémar de Cazevieille (20 décembre 1837-26 février 1923) : tous deux morts pour la France pendant la Première Guerre Mondiale.

Pierre Roger Gabriel Raoul d’Adhémar, né à Montpellier le 29 mars 1867, mort pour la France le 25 septembre 1915 à Souchez (Pas-de-Calais).

Élève du lycée de Montpellier de 1878 à 1886, il est admis à l’École de Saint-Cyr en 1886 : il fait partie de la 72e promotion de l’Ecole, dite « promotion de Tombouctou » (1887-1889), en hommage à la conquête française du Soudan alors en cours.

Capitaine au 66e régiment d’infanterie, il est démissionnaire en 1911, et devient capitaine de réserve au 281e régiment d’infanterie. Rappelé à l’activité lors de la mobilisation générale du 1er août 1914, il est affecté au 281e d’infanterie où il est blessé ; affecté ensuite au 21e bataillon de chasseurs à pied en août 1915, il est tué par un coup de feu le mois suivant, à l’âge de 48 ans, lors de la bataille de Souchez, commune « complètement détruite au cours des violents combats qui ont immortalisé son nom, [qui] a fait preuve malgré ses nombreux deuils, d’un magnifique courage et d’une patriotique fermeté méritant ainsi la pieuse reconnaissance de la France », selon le texte de la citation au Journal Officiel de 1920.

Acte de décès militaire de Raoul d'Adhémar (source : site Mémoire des hommes)

Acte de décès militaire de Raoul d’Adhémar (source : site Mémoire des hommes)

Henri Barbusse, dans Le Feu, évoque le sort de cette localité du Pas-de-Calais : 

« Nous sommes devant Souchez. Le village a disparu. Jamais je n’ai vu une telle disparition de village. Ablain Saint-Nazaire et Carency garde encore une forme de localité, avec leurs maisons défoncées et tronquées […]. Ici, dans le cadre des arbres massacrés – qui nous entourent au milieu du brouillard – plus rien n’a de forme : il n’y a même pas un pan de mur, de grille, de portail qui soit dressé, et on est étonné de constater qu’à travers l’enchevêtrement de poutre, de pierres et de ferrailles, sont des pavés : c’était ici une rue.« 

Chevalier de la Légion d’honneur, Raoul d’Adhémar avait épousé en 1899 Marie du Puy-Montbrun de Nozières (1878-1966) ; il laisse trois orphelines. Il est inhumé à Aix-Noulette (Pas-de-Calais), dans le cimetière militaire communal.

Jean Pierre Amaury d’Adhémar, né à Montpellier le 20 juillet 1868, mort pour la France le 30 août 1915 à Toulon (Var). Inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

Élève au lycée de Montpellier de 1879 à 1886, il entre à l’Ecole de Saint-Cyr en 1888 : il appartient à la promotion « du Grand Triomphe », la 73e promotion (1888-1890).

Sous-lieutenant au 157e régiment d’infanterie en 1890, puis lieutenant en 1892, il est capitaine en 1899. Noté comme un officier d’avenir, il est attiré par la grande France : il passe au 2e régiment étranger à Saïda en 1895, et part au Tonkin entre 1896 et 1899 ; il s’y illustre dans la construction de postes et le tracé de routes militaires, puis comme chancelier du cercle de Hà Giang, dans le territoire militaire de Lang-Son. De retour en France, il est successivement affecté au 2e régiment d’infanterie de marine, au 2e régiment d’infanterie coloniale, au Bataillon de Chari sur le lac Tchad, au 3e régiment d’infanterie coloniale ; en 1905, il rentre en métropole pour intégrer l’état-major particulier du corps d’armée des troupes coloniales. Il est alors fait chevalier de la Légion d’honneur (1906) et reçoit la Médaille coloniale avec l’agrafe Tchad ; il est également décoré de l’Étoile noire du Bénin (1905). En 1907, il repart en Afrique occidentale, au Haut-Sénégal ; en 1910 il est affecté au bataillon sénégalais du Maroc et prend notamment part à la colonne de Fez en 1911. Il est promu chef de bataillon au 8e colonial mixte en 1912, puis adjoint au commandant militaire en Mauritanie.

Il épouse en mai 1909 à Paris Marie Conquéré de Montbrison (13 février 1886-22 juillet 1958).

Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, dès le 1er septembre 1914 il est cité à l’ordre du corps d’armée pour avoir mené ses unités à l’attaque d’une position fortifiée sous Verdun malgré sa blessure au bras. Après une courte convalescence, il prend le commandant le 7e régiment mixte colonial en Orient, et participe à la bataille des Dardanelles contre les Turcs. Le succès le fait promouvoir lieutenant-colonel et officier de la Légion d’honneur en juillet 1915.

Mais une maladie contractée dans la presqu’île de Gallipoli oblige à l’évacuer : il succombe au mois d’août suivant à l’hôpital maritime de Saint-Maudrier, à Toulon. Il est inhumé au cimetière protestant de Montpellier, dans la grande concession familiale (H624).

Acte de décès militaire d'Amaury d'Adhémar (source : site Mémoire des hommes)

Acte de décès militaire d’Amaury d’Adhémar (source : site Mémoire des hommes)

Son nom et celui de son frère Raoul sont les deux premiers inscrits sur le Monument aux morts du cimetière protestant de Montpellier.

Sources : Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, vol. 7, 1816. Boisgelin, Esquisses généalogiques sur les familles de Provence, 1900. Dictionnaire de biographie française. Dictionnaire de biographie de l’Hérault, Flammarion. Dictionnaire de biographie héraultaise, Pierre Clerc éditeur.

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