DES HOURS-FAREL Eugène

Eugène DES HOURS-FAREL (1822-1872). Industriel et rentier ; inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

La famille des Hours (ou Deshours) appartient à la noblesse protestante du Languedoc, seigneur et propriétaire du château de Calviac, dans le Gard, depuis 1524.

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(source : delcampe.net)

Une tradition la fait descendre d’une famille italienne du nom d’Ursi ou Orsini… mais la tradition se rapproche ici de la légende.

La famille est de tradition militaire, comme il se doit dans ce milieu aristocratique : Louis des Hours (décédé avant 1749) est cornette aux dragons du Languedoc. Son fils Louis des Hours (1721-1786) est capitaine au régiment du Hainaut, et épouse en 1757 Anne de Pagézy, fille du seigneur du Caylar ; il a trois enfants :

-Marie des Hours, épouse en 1782 de Jean-Baptiste Chambon : le couple émigre à la Révolution française vers Neuchâtel, Dresde et Francfort ;

-Suzanne des Hours, épouse en 1778 de Louis de Lahondès de la Figère ;

Louis Charles des Hours (1764-1822), dernier seigneur de Calviac, époux en 1784 de Marguerite Julie Farel.

Le couple a sept enfants :

  • Charles Louis Jules Jean des Hours de Calviac (1786-1856), chevalier de la Légion d’honneur, adjoint au maire (1813-1836) puis maire (à partir de 1839) de la commune de Lasalle (Gard), conseiller général (à partir de 1833) ; marié en 1812 avec Marie Antoinette Lucie Brousson, d’une famille de conseillers à la Cour des aides de Montpellier ; héritier du château de Calviac, il le transmet à sa fille, Louise, épouse d’Henri Maurice Dumas de Marveille, futur conseiller général et maire de Lasalle ;
  • François Paulin des Hours (voir ci-dessous) ;
  • Alphonse et Félix des Hours de Calviac, jumeaux nés en 1790 ;

Pierre Antoine Félix des Hours, né le 24 septembre 1790, décédé le 10 septembre 1871, célibataire, est inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

  • Émile Pierre des Hours de Calviac (1792-1868), capitaine au 6e régiment de cuirassiers, chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne ; sans héritier ;
  • Hédelmone Rosa des Hours de Calviac, épouse d’Antoine Édouard Rolland, contrôleur de la maison de santé des Gens du roi à Paris ;
  • Julie Charlotte des Hours de Calviac, épouse de Jean Gabriel Émile Destremx de Saint-Christol.

* François Paul, dit Paulin, des Hours naît au château de Calviac, à Lasalle, le 26 mars 1788 ; il décède le 17 février 1878 au château de Mézouls (commune de Mauguio, Hérault), propriété de son épouse, Juliette Suzanne Gabrielle Martin de Campredon (1803-1891), fille du général protestant Jacques-David Martin de Campredon.

Paulin Des Hours. Augustin Pajou.

Buste de Paulin, par Augustin Pajou (Musée Fabre de Montpellier)

Les parents de Paulin demandent à plusieurs artistes de faire le portrait de leur fils : le Musée Fabre de Montpellier abrite son buste, réalisé par le sculpteur Augustin Pajou ; le Musée des Beaux-Arts de Rennes possède son portrait par Antoine-Jean Gros.

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Tableau d’Antoine-Jean Gros (Musée des beaux-arts de Rennes)

Réalisé en 1793, alors que Gros est de passage à Montpellier avant de se rendre en Italie, ce tableau représente Paulin à l’âge de cinq ou six ans : la pose de l’enfant donne une impression d’instantané, de scène prise sur le vif.

Adopté par son oncle maternel, François Farel, industriel cotonnier sans descendant, Paulin porte dès lors le nom de des Hours-Farel. Riche manufacturier, il poursuit les activités de la société Farel & fils, et emploie 150 ouvriers en 1841. Sous la Monarchie de Juillet, il devient l’un des principaux notables de Montpellier : il siège au tribunal de commerce, puis à la Chambre de commerce où il succède à François Farel ; il est membre fondateur de la Caisse d’Épargne de Montpellier en 1837 ; il est président de la Chambre de commerce à deux reprises, ainsi que de la Société centrale d’agriculture de l’Hérault. Propriétaire du journal Le Courrier du Midi, il est à la tête d’un média local influent. A partir de 1823, il s’engage en politique : il devient conseiller municipal, puis commandant de la garde nationale ; en juillet 1832, il est nommé maire de Montpellier en juillet 1832. Il échoue à se faire élire en mars 1833, face à l’opposition des légitimistes, mais il devient conseiller général.

Parmi « l’héritage » de son oncle, Paulin recueille le domaine de La Valette, au Nord de Montpellier, qui lui est offert en cadeau de mariage. Pendant 30 ans, La Valette est le centre de toutes sortes de fêtes et de réceptions, mais également un centre industriel. La crise de 1848, en ruinant Paulin, le contraint à déposer le bilan. Vendu en 1851, le domaine de La Valette passe entre plusieurs mains, jusqu’à celle d’Henri de Lunaret : c’est lui qui le léguera à la ville pour y créer le jardin zoologique actuel !

Son épouse et lui sont inhumés au cimetière protestant de Montpellier, dans la concession de la famille Martin de Campredon. Une partie de leurs descendants (indiqués ici en rouge) reposent à leurs côtés dans la concession familiale, grande concession clôturée par une grille.

Il a cinq enfants :

– Eugène (voir ci-dessous) ;

– Julie Charlotte (1825-1893), épouse de Jean Jacques Alexis Auriol, ingénieur des ponts et chaussées, chevalier de la Légion d’honneur ;

– Gabrielle, épouse d’un négociant d’Avignon, Ernest Roman ; les enfants du couple morts en bas âge (Jacques Marcel Georges, 1857-1861, et Eugène Marcel, 1863-1866, sont inhumés au cimetière protestant) ;

Louis Paulin des Hours (4 février 1830 – 6 mars 1896), avocat, conseiller de préfecture puis sous-préfet à Toulouse, époux en 1864 de Cécile Chambon (1840-1916) ; il abandonne très tôt l’administration pour se consacrer à l’exploitation du domaine familial de Mézouls ; il est pendant de longues années président de la Société centrale d’agriculture de l’Hérault.

Le couple a trois enfants : deux filles, dont Juliette des Hours (1865-1935), épouse de Pierre Chaber, inhumée au cimetière protestant ; et un fils, Eugène Louis Paulin des Hours (20 août 1872 – 10 juin 1931).

A la suite de son père, Eugène vit à sa suite sur ces terres ; célibataire, il lègue le domaine à ses deux sœurs.

– Amélie Antoinette, épouse d’Alfred Boissier, médecin-inspecteur de la station thermale de Lamalou-les-Bains (Hérault) ; leur fils François Boissier, époux de Marguerite Schulz, médecin et auteur de nombreuses publications, meurt pour la France à Verdun en avril 1916.

* Eugène Gabriel François des Hours-Farel est né le 4 avril 1822, et décédé le 24 avril 1872. Il épouse à Montpellier le 31 octobre 1846 Adrienne Vialars (1827-1899), fille du négociant Frédéric Vialars. Après la faillite, en 1848, de la société Farel & fils, Eugène des Hours-Farel, se tourne vers des activités agricoles. Il est membre de la Société centrale d’agriculture de l’Hérault. Avec son beau-frère Gaston Bazille (époux de Camille Vialars, sœur d’Adrienne), il participe à la lutte contre l’oïdium dans le vignoble.

Il est inhumé, aux côtés de sa femme, au cimetière protestant de Montpellier.

Ses trois filles épousent des figures de la grande bourgeoisie protestante :

  • Pauline (1847-1910) se marie avec Émile Teulon-Valio, médecin à Valleraugue (Gard) ;
  • Thérèse (1850-1896), avec le négociant sétois Gaston Auriol (1844-1897) ; c’est elle que fait poser son cousin Frédéric Bazille pour sa toile La robe rose (1864) ; elle est inhumée, aux côtés de son mari, au cimetière protestant de Montpellier.
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Frédéric Bazille, La robe rose (musée d’Orsay)

  • Camille (1851-1938), avec Jules Pagézy, neveu du maire de Montpellier Jules Pagézy.

Eugène et ses enfants sont représentés sur le célèbre tableau de Frédéric Bazille La réunion de famille (1867).

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Frédéric Bazille, La réunion de famille (musée d’Orsay)

Peint sur la terrasse de Méric, près de Montpellier, le tableau réunit :

au centre Gaston et Camille Bazille (née Vialars), Adrienne des Hours-Farel (née Vialars) et Thérèse des Hours-Farel (future épouse Auriol),

au second plan, en partant de la gauche : Frédéric Bazille lui-même et Eugène des Hours-Farel, Emile et Pauline Teulon (née des Hours-Farel), puis à droite du tableau Marc et Suzanne Bazille (née Tissié), Camille des Hours-Farel (future épouse Pagézy).

On distingue le village de Castelnau-le-Lez dans le lointain.

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