BELUGOU (Famille)

Famille BELUGOU. Famille de pharmaciens, entre lesquels la confusion est souvent de mise ; originaire du Rouergue, installée à Bédarieux  (Hérault) puis au XIXe siècle à Montpellier, dont la plupart des membres sont inhumés au cimetière protestant de la ville.

– Jean David Bélugou, né en 1784, est fabricant de draps. Époux de Catherine Agathe Abelous (née à Bédarieux le 25 février 1796, décédée à Montpellier le 2 janvier 1876), il a deux fils : Jean David et Émilien.

– Jean-David Bélugou, né à Bédarieux le 10 octobre 1820, décédé à Montpellier le 27 septembre 1902, fils de Jean-David I.

Il est pharmacien à Montpellier, rue de la Blanquerie puis place des États du Languedoc : il est le créateur d’un chocolat purgatif et d’un apéritif reconstituant, appelé « Quina curaçao Belugou ». Directeur de la Caisse d’épargne de Montpellier de 1873 à 1902, il est membre du diaconat de l’Église réformée de Montpellier, ainsi que du Comité des écoles protestantes en 1877.

Il épouse en premières noces Marie Adèle Benoît, puis, veuf, Louise-Amélie Fabre (née à Nîmes le 6 janvier 1830, décédée à Montpellier le 22 février 1919). Il a deux enfants : Guillaume ; Magdeleine Bélugou (née le 5 août 1870 et décédée le 27 mars 1941 à Montpellier), épouse de l’architecte Henri MICHEL (né le 30 juillet 1866 et décédé le 9 mai 1934 à Montpellier).

– Louis Eugène David Guillaume Bélugou, né le 28 mars 1866 et décédé le 10 octobre 1919 à Montpellier, fils de Jean-David.

Il étudie la pharmacie à Montpellier : il est reçu pharmacien de première classe en juillet 1891, il soutient sa thèse de pharmacien supérieur en juillet 1898. Entre temps il a obtenu un doctorat de médecine en mai 1893. Il devient préparateur, chef de travaux de physique à l’École supérieure de pharmacie de Montpellier (1893-1894), puis chargé de cours de minéralogie et d’hydrologie, d’analyse quantitative enfin (1899-1903). Ses travaux portent sur la chimie ou l’hydrologie ; il est l’auteur d’un certain nombre de publications dans différents journaux et revues médicaux ou pharmaceutiques, et il collabore au Précis de minéralogie et d’hydrologie de Fernand Jadin en 1899. Il épouse en Belgique, à La Bouverie, Zélie-Louisa Bouchez.

– Émilien Eugène Bélugou, né à Bédarieux le 23 mars 1830, décédé à Montpellier le 28 avril 1871, fils de Jean-David I. Célibataire, il est pharmacien ; associé à son frère, il reçoit une médaille de bronze au Concours régional de 1860 pour les divers produits de leur officine. En août 1870, il est candidat républicain aux élections municipales de Montpellier. Il est nommé membre de la Commission municipale le 5 septembre 1870, puis élu conseiller municipal le 30 avril 1871.

La famille de Jean-David I Bélugou est inhumée au cimetière protestant de Montpellier, dans la plus grande chapelle du cimetière.

 * La seconde branche, dont la plupart des membres sont eux aussi inhumés au cimetière protestant de Montpellier, est celle d’Antoine Bélugou (né à Bédarieux en mai 1781, décédé à Montpellier le 28 janvier 1869), menuisier puis aubergiste. Il épouse Marie Sophie Saltet, et a quatre enfants :

– Marie Honorine Bélugou (26 novembre 1809-7 décembre 1882), célibataire ;

– Jeanne Sélina Bélugou (11 mars 1815-31 avril 1888), célibataire ; les demoiselles Bélugou sont très actives au service de la Société des Missions évangéliques, organisant notamment des ventes de chocolat en sa faveur et recueillant les souscriptions ;

– Louis Gaspard Frédéric Bélugou (né le 13 février 1817), négociant en grains, époux de Pauline Hélène Berri, il a deux enfants : Victor et Louise ;

– et Victor Bélugou (8 janvier 1822-22 décembre 1848 à Montpellier), étudiant en théologie.

Les deux enfants de Louis Gaspard Frédéric sont :

– Victor Antoine Bélugou (né à Montpellier le 25 octobre 1857), époux d’Ernestine Juliette Gervais, est élève de l’École polytechnique en 1877, puis élève ingénieur à l’École supérieure des lignes pneumatiques en 1879.  Sous-ingénieur en 1881, inspecteur-ingénieur en 1890, il est ingénieur principal en 1902 et ingénieur en chef en 1907. En 1903 il est nommé directeur de la télégraphie militaire de Paris, et en 1911 Chef de bureau au Ministère du Commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes. Il est officier de la Légion d’honneur en 1914.

– Son fils Alexandre André Bélugou (né à Anduze le 14 septembre 1885, décédé à Paris le 28 décembre 1950) est élève de l’École polytechnique, ingénieur des Mines, et devient ingénieur principal des poudres et explosifs. Il épouse en 1907 Madeleine Merlin, fille de Roger Merlin, ancien maire de Bruyères (Vosges), bibliothécaire-archiviste du Musée social à Paris, et d’Émilie Grosjean, d’une famille de manufacturiers mulhousiens.

– Louise Honorine Bélugou (née à Montpellier le 11 juillet 1860), entre à l’École Normale Supérieure de Sèvres en octobre 1882. Sortie première agrégée en 1885, elle est nommée professeur de lettres à Montpellier et y passe l’année scolaire. En octobre 1886, elle devient maîtresse adjointe à l’ENS de Sèvres ; en août 1891, elle est nommée directrice du lycée de jeunes filles du Havre. L.B. est l’une de ces éminentes représentantes du protestantisme d’éducation : en août 1906, elle est appelée à la direction de l’ENS de Sèvres pour succéder à Mme Jules Favre, dont elle est une amie très proche et à laquelle elle consacre une notice biographique ; elle abandonne alors la présidence de l’Association des anciennes élèves de Sèvres, qu’elle exerçait depuis 1884. En 1892, elle est membre du jury du Certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire des jeunes filles (lettres), puis membre du jury d’agrégation de lettres en 1893. En 1906, elle est élue vice-présidente des Maisons familiales de repos pour l’enseignement féminin. Elle est décorée de la Légion d’honneur en 1911 des mains de Gaston Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences.

 * La troisième branche de la famille est celle d’Eugène-Charles Belugou, né à Bédarieux le 16 août 1824, décédé à Montpellier le 14 décembre 1902, fils d’Antoine Belugou, boucher. Il est tanneur à Montpellier comme son frère Jean-Pierre, puis courtier en laines. Membre de l’Église réformée tout comme ses enfants, il épouse Émilie Bénézech, fille de Victor Bénézech (1790-1836) et de Virginie Saltet (1799-1862). Il a quatre enfants : Alphonse ; Louis ; Marie-Jeanne (décédée en 1876 à l’âge de 16 ans) ; et Gustave Maximilien (né en 1863), commis-négociant à la fin des années 1880.

– Alphonse Eugène Charles Belugou, né à Montpellier le 4 novembre 1851, baptisé le 12 novembre par le pasteur Grawitz, décédé à Fontenay (Côte d’Or) le 25 août 1921 et inhumé à Lamalou-les-Bains (Hérault), est le membre le plus célèbre de la famille.

Après de brillantes études au lycée de Montpellier, il étudie la médecine : il est engagé volontaire en 1871 comme ambulancier ; il soutient sa thèse de doctorat en décembre 1874 sur des Recherches nouvelles sur le pouls et la température dans les maladies aiguës. Il fait alors un long séjour à Paris à La Salpêtrière dans le service du professeur Jean-Martin Charcot, dont il devient l’ami, afin de s’y initier à l’étude et au traitement des maladies du système nerveux. De retour à Montpellier, il est chef de clinique chirurgicale provisoire en décembre 1878. Administrateur des hôpitaux et hospices, médecin inspecteur des écoles communales de la ville, il est médecin des écoles protestantes et secrétaire du Comité des écoles protestantes en 1875. Il est également Conseiller municipal républicain de Montpellier, de 1881 à 1884.

Mais il quitte alors Montpellier pour s’installer à Lamalou-les-Bains, et consacrer le reste de sa vie à cette station thermale et à ses malades. Médecin des eaux de Lamalou depuis 1877, il devient en effet Médecin en chef de l’établissement thermal et administrateur du bureau de bienfaisance en 1889. Il préside aux destinées de la municipalité entre 1896 et 1919, période pendant laquelle Lamalou connaît sa plus grande splendeur, grâce à sa clientèle internationale qui réunit à l’Hôtel Mas les plus grands noms de la politique, de la littérature et des arts. La ville lui doit d’ailleurs la fondation de son syndicat d’initiative en 1903. A.B. devient président du Syndicat d’initiative de l’Hérault, membre de la Commission permanente des stations hydrominérales de France au Ministère de l’Intérieur, et vice-président de la Commission exécutive du Congrès national des villes d’eaux.

Ses écrits ne s’échelonnent que de 1879 à 1897, mais ils sont nombreux et importants, paraissant dans des journaux médicaux, notamment dans La Revue médicale du Midi dont il est directeur : il recommande notamment ce que l’on appellera plus tard la mécanothérapie. Son œuvre est consacrée au traitement des maladies nerveuses par les eaux de la station qui, dans certains domaines, provoquent des guérisons spectaculaires, depuis que le docteur Léon Privat y fait venir Guillaume Duchêne de Boulogne et que Charcot y adresse bon nombre de ses malades illustres. A.B. inaugure d’ailleurs en 1903 une fontaine monumentale ornée d’un buste de Charcot, hommage de la ville de Lamalou.

Lauréat de l’Académie de médecine en 1879, Grand Prix à l’Exposition franco-britannique de 1910, Médaille d’or de la Société de médecine, A.B. est membre des Sociétés d’hydrologie médicale de Paris, de Madrid, d’Odessa, ainsi que d’un grand nombre de sociétés scientifiques, et honoré de nombreuses décorations : Officier de la Légion d’honneur (1910), Commandeur d’Isabelle la Catholique, du Christ du Portugal… Il épouse à Uzès (Gard) Clotilde Vincent le 20 juillet 1878.

– Louis Pierre Bélugou, né le 23 juin 1856, décédé en 1924, second fils d’Eugène-Charles.

Pharmacien mutualiste, il est élu conseiller municipal de Montpellier le 8 mai 1892 (jusqu’en 1896), sur la liste des radicaux-socialistes. Il est membre de l’Association pour l’avancement des sciences, société reconnue d’utilité publique en 1876. En 1896, il entre au conseil des directeurs de la Caisse d’épargne de Montpellier, et en est l’un des membres les plus actifs. Il est dès 1912 vice-président de la Conférence des Caisses d’épargne du Midi et du Sud-Est, et est élu président de la Caisse d’épargne de Montpellier en 1919.

Il se montre particulièrement préoccupé des problèmes d’hygiène sociale qui affectent les populations les plus démunies. Adepte des thèses défendues par Eugène Rostand, et notamment de l’emploi d’une partie de la fortune personnelle pour des œuvres sociales, il est délégué du Comité de patronage des habitations à bon marché, il obtient en 1894 de la Caisse d’épargne le vote d’une subvention de 3.000 francs pour la création d’un Institut bactériologique, et propose en 1907 la création d’un dispensaire antituberculeux. L.B. est un rénovateur social isolé au sein du conseil d’administration de la Caisse d’épargne, ses intentions étant étouffées par ses collègues qui refusent de le suivre ; il réussira cependant à les convaincre dans la voie du livret aux nouveaux-nés (doté d’un franc initial), voté à l’unanimité en mars 1914.

Sources : Dictionnaire biographique de l’Hérault, Flammarion. Louis Dulieu, La Pharmacie à Montpellier ; du même, La Médecine à Montpellier, tome 5 ; du même, Lamalou-les-Bains, 1971.

2 réflexions sur “BELUGOU (Famille)

  1. Bonjour,

    Dans le cadre de mes recherches, qui n’ont pas de rapport avec la généalogie, je cherche un certain Alexandre Belugou.

    Cet Alexandre, qui était pharmacien, a déménagé pour aller à Marennes (17320). Il a du naître en 1857 (à peu près).

    Son fils, Louis Henri Robert est né à Marennes en 1888 et a ensuite pris le nom de Robert de Bédarieux lorsqu’il est devenu écrivain.

    Seriez-vous assez aimable, et si vous le pouvez, me renseigner sur ce Belugou Alexandre , certainement de Bédarieux.

    Merci de me tenir au courant, bonne journée.

    Philippe Auguste

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