BERTRAND Edouard Etienne

Edouard Etienne BERTRAND. Pasteur réformé, puis fabricant de verdet, maire de Montpellier. Né le 9 avril 1810 à Montpellier ; mort le 26 janvier 1900 à Vendémian (Hérault). Inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

Édouard est le quatrième fils de David Bertrand (né en 1761), fabricant de mouchoirs à Pignan puis fabricant de verdet, et de Françoise Lescure (1766-1861). L’un de ses frères aînés, César Bertrand (1805-1868), époux de Coralie Chapuis, sera pasteur à Annonay, de 1831 à 1868.

Édouard Bertrand fait ses études de théologie à Genève, où il se lie d’amitié avec Louis Segond, puis à Strasbourg : c’est là qu’il soutient en 1834 sa thèse de baccalauréat en théologie sur Réguis, prédicateur catholique du 18e siècle. En 1838 le pasteur de Marsillargues (Hérault), Charles Teissonnière, le prend comme suffragant. En 1839 Adolphe Monod vint prêcher à Marsillargues : le dimanche suivant, dans son sermon, Bertrand réfuta point par point la prédication de Monod ; Bertrand apportait un libéralisme militant que la paroisse ne semble pas avoir connu auparavant. En 1840 l’Église réformée consistoriale de Marsillargues adresse une pétition pour la création d’un second poste de pasteur à Marsillargues et pour la nomination de Bertrand à cette place.

Sa théologie libérale, ses idées démocratiques et sa manière abrupte de parler l’amènent bientôt à quitter le ministère pastoral (vers 1844 ?), sans perdre toutefois le droit de prêcher et de célébrer les actes pastoraux : il célèbrera le baptême et le mariage de ses filles, ainsi que les baptêmes de plusieurs de ses petits-enfants.

Il devient fabricant de verdet, avec son père venu s’installer à Montpellier, auquel il succède en 1850.

 Avec la chute du Second Empire et la dissolution du conseil municipal conservateur, Bertrand est nommé par le préfet, le 15 septembre 1870, président de la Commission spéciale provisoire de Montpellier ; il le reste jusqu’à la publication de la loi sur les élections, et le 19 avril 1871 il remet donc ses fonctions. Élu le 30 avril, il assume un deuxième mandat de maire à partir du 9 mai 1871. Mais le 15 septembre de la même année, il présente sa démission au préfet, invoquant un dissentiment très sérieux avec la majorité du Conseil municipal : la raison du désaccord semble être l’enquête diligentée par le Conseil municipal contre le commissaire de police du 3e arrondissement, M. Moulin, qui aurait tenu des propos injurieux à l’égard du Conseil municipal tout en se prévalant de l’appui de Bertrand et de l’un des ses adjoints.

Au cours de cette brève administration, fut créée la première école laïque communale ; et la manière dont Bertrand a su protéger la ville pendant cette période troublée lui attira l’estime, notamment celle de l’évêque de Montpellier, Mgr Le Courtier. Le 3 novembre 1870 Bertrand, en se portant à leur rencontre, sut convaincre les révolutionnaires venus de Sète de ne pas piller la ville : dès le lendemain, l’évêque lui écrit pour « joindre mes félicitations bien cordiales à celles de tous les bons citoyens pour la manière digne et généreuse dont vous avez accueilli hier certains délégués. »

Bertrand est à nouveau membre du Conseil municipal de 1881 à 1885.

Rédigeant en 1893 une note pour son enterrement, Bertrand écrit : « Je meurs protestant – mais protestant pas de dogme, protestant d’esprit, irréductible protestant par la méthode : examiner toute chose et retenir ce qui est bon ; parole de l’apôtre Paul, elle a été ma devise. » Dans son testament, daté de mars 1896, il précise encore : « Disciple du Christ, je le considère comme le pur initiateur de l’humanité… Je suis né dans l’Église protestante. Elle m’a appris la libre conscience, l’indépendance de la pensée, la recherche par le travail de la justice et de la vérité. Je ne veux aucune de ses formules dogmatiques, je ne retiens que son esprit de recherche, sa vie de famille, son dévouement à la justice… Je désire qu’un pasteur m’accompagne, non comme pasteur, mais comme ami. »

Il avait épousé Pauline Miran, de Camarès. Pauline mourut à Saint-Césaire (Gard), en juin 1909, à l’âge de 85 ans. Tous deux sont inhumés au cimetière protestant de Montpellier.

Tombe d'Edouard et Pauline Bertrand [photo ass. MPM]

Tombe d’Edouard et Pauline Bertrand [photo ass. MPM]

Le couple eut cinq enfants :

– Amélie (1845-1919), épouse de Philémon Vidal (1844-1923), maire de Vendémian et conseiller général de l’arrondissement de Gignac (Hérault) ;

– Françoise Augustine (1848-1849) ;

– Claire (1850-1939), épouse du docteur Paul Vigouroux, conseiller général du canton de Lunel ;

– Alix (1853-1940), épouse de Numa Vigouroux ;

– Abel (né en 1857), docteur en médecine à Alès (Gard), époux d’Isabelle Lauze.

Sources : Archives municipales de Montpellier ; Archives privées du pasteur Philippe Bertrand.

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