COURAL Pierre Antoine Wilfrid

COURAL Pierre Antoine Wilfrid,prêtre-aumônier, fondateur et directeur de la Solitude de Nazareth. Né le 12 octobre 1789 à Saint-Chinian (Hérault), décédé le 21 mars 1867 à Montpellier. Fils de Jean Antoine, entrepreneur de travaux publics, et d’Elizabeth POUX.

En octobre 1789, en pleine tourmente révolutionnaire, Pierre voit le jour à Saint-Chinian. C’est l’avant-dernier de la famille composée de 10 enfants dont 5 seulement survivront. Ses parents sont simples, pieux et travailleurs. Son frère Antoine qui le porte sur les fonts baptismaux, n’imagine pas que 32 ans plus tard, le nouveau-né sera curé de la paroisse. Sa mère, croyante et pratiquante catholique, l’élève dans cette voie, l’emmène, tout bambin encore, pratiquer les aumônes lors des visites de charité.

L’enfant, d’un naturel grave et réservé, affirme sa foi le jour de sa première communion, à 16 ans, fait vœu de chasteté perpétuelle, prie beaucoup, lutte pour rester pur de tous péchés, se mortifie par des brûlures dont il gardera de profondes cicatrices. Ses parents prennent conseil auprès de l’abbé de Saint-Chinian : acquis aux idées bonapartistes, celui-ci conseille la carrière militaire, vers laquelle d’ailleurs il a envoyé tous ses neveux. Pierre en tombe profondément malade, mais obtient d’étudier au Petit Séminaire de Montpellier. Il place sur son bureau un crucifix, une tête de mort, de pieuses sentences, et étudie ardemment avec une prédilection pour la théologie pratique. Chaque année à Noël, il fait le vœu de se priver toute l’année d’un mets qu’il apprécie et gardera l’habitude de se lever à 5 h pour méditer, lire les Ecritures et étudier l’hébreu.

Enfin, le 11 mars 1815, il reçoit l’onction sacerdotale et nommé le jour-même à Argelliers et Laboissière, où il enseigne la religion et ses sacrifices nécessaires, jeûne régulièrement, visite les malades, fait l’aumône aux pauvres et devient un prêtre zélé. Il n’admet aucune femme pour l’entretien du presbytère, accumule les mortifications qui nuisent à sa santé.

Il médite le projet de mettre les pauvres filles du peuple à l’abri des pièges qui leur sont tendus et souhaite ouvrir un refuge gratuit. En 1822 il achète terrain et matériaux, mais en novembre, nommé à Saint-Chinian, le projet est ajourné. Il y fonde une congrégation pour jeunes filles désireuses de devenir bonnes chrétiennes, leur impose son programme et fait imprimer un règlement de vie quotidien. En 1827, la pointe de son bonnet de nuit prend feu, sans s’en apercevoir, il se couche et s’endort. Le bonnet et l’oreiller ont brûlés mais pas ses cheveux. Il pense devoir cette protection divine à la vénérable Elisabeth Julien, morte en odeur de sainteté à Saint-Chinian, dont il conserve les ossements dans un cercueil sous son lit.

En 1834, il est à Montpellier directeur du Grand Séminaire, et aumônier de l’Ecole des frères des Ecoles chrétiennes. Les pénitences à l’excès l’ont fragilisé et Mgr Thibault lui retire la direction du Séminaire. En 1840, aumônier de Notre-Dame du Refuge, il donne libre cours à son zèle de charité. En 1841, son ami Bozino, aumônier du pénitencier de la ville, l’invite à entendre en confession les détenues de la maison centrale. Il y sonde la profondeur de l’abîme où ces filles sont entraînées par la corruption et la misère, comment au sortir de prison, privées de travail, elles sont rejetées et se vendent corps et âme pour un morceau de pain. Il prend la résolution de devenir le père de ces filles dans La Maison. Ce sera l’œuvre de sa vie.père Coural

Le couple De Villiers lui cède une maison avec jardin au Faubourg Saint-Jaumes, où les filles ayant purgé leur peine peuvent rester le temps qu’elles souhaitent. 2, 9, puis 17 jeunes filles : la Maison devient trop petite. Le préfet de l’Hérault, A. Bégé, achète une vaste propriété près du Séminaire, qu’il lui cède contre un modique loyer, et arrivent les aides financières du roi, du département, de la ville. Le 26 mai 1843 le père Coural y installe son établissement de bienfaisance, la Solitude de Nazareth, en hommage à Jésus, Marie et Joseph, recueille Les Nazaréennes, filles libérées, prostituées, syphilitiques, alcooliques, tuberculeuses. En 1845, loin des dangers du monde, 72 filles en uniforme, encadrées par les sœurs de la confrérie de Marie-Joseph, surveillantes des maisons centrales, travaillent sans rémunération, les yeux tournés vers le Ciel. Les plus méritantes peuvent devenir filles de Marie. La Solitude accueillera entre autres, Louise Gimet et Marie Cappelle. Bientôt l’établissement est agrandi d’un quartier d’éducation correctionnelle et de cellules d’isolement pour accueillir les mineures de moins de 16 ans perverties condamnées à la maison de correction, celles abandonnées par leurs parents.

La vie terrestre du père Coural, ou l’Amour de la pénitence, s’achève le 21 mars 1867. Inhumé au cimetière communal, sa dépouille est transférée au pied de l’autel de la chapelle de Nazareth construite en 1876 par l’architecte H. Bésiné.

chapelle Solitude Nazareth

[photo Michel Descossy, Inventaire général, Base Mérimée]

Son neveu, l’abbé Denis COURAL, a laissé de lui un portrait dans La Vie et les œuvres du vénérable serviteur de Dieu, Montpellier, Seguin, 1871.

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