BENOÎT Justin

Etienne Justin BENOÎT. Doyen de la Faculté de Médecine de Montpellier. Né le 24 mars 1814 à Millau (Aveyron), mort le 6 novembre 1893 à Montpellier. Fils d’Antoine Benoît, marchand gantier, et de Rosalie Picaud. Épouse Héloïse-Mira Cavalier (1819-1873), fille de Jacques Cavalier, notaire, et de Louise Caroline Vernet (1799-1877). Inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

Le professeur Justin Benoit. Collection de portraits de la BIU Santé Paris-Descartes

Le professeur Justin Benoit.
[Collection de portraits de la BIU Santé Paris-Descartes]

Comme le relève Georges Girard dans la notice biographique qu’il a consacrée à Justin Benoît, un mystère plane sur sa date de naissance : la plupart des pièces officielles mais aussi l’inscription sur sa pierre tombale le disent né le 16 avril 1813, alors que les registres d’état-civil de Millau indiquent le 24 mars 1814.

Benoît fit de brillantes études de médecine à Montpellier : il est reçu premier au concours d’internat à l’hôpital de Nîmes en 1835, puis premier également à l’hôpital général de Montpellier et à l’hôpital Saint-Éloi : il est docteur en médecine en avril 1839. En 1844 il est reçu à l’agrégation dans la section chirurgie ; il devient la même année médecin de l’œuvre de la Miséricorde à Montpellier, et se retrouve également chargé du service médical des garnisons de Nîmes puis de Montpellier.

De 1850 à 1853 il est conservateur des collections d’anatomie de la Faculté de Médecine, inaugurant en 1851 les nouveaux bâtiments de l’actuel Musée anatomique.

Musée d'anatomie

Galerie du Musée d’anatomie
[Cliché Université Montpellier 1]

Voici comment il le décrit :

« La salle du Conservatoire occupe tout le premier étage. Elle a la longueur entière de l’édifice et se trouve divisée en quatre parties par des colonnes intermédiaires de l’ordre dorique revêtues en marbre imitatif (vert antique). De grandes et belles armoires sont placées au pourtour de la galerie. La partie supérieure des murs a été peinte en grisaille par M. Monseret, qui y a représenté les diverses sciences qui se lient à la médecine. Le plafond, d’une 

élévation en rapport avec la longueur de la salle, a été décoré par M. Baroffi, avec un soin qui fait honneur à cet artiste. On y voit des médaillons représentant les hommes qui ont illustré la science médicale ou les sciences accessoires ; ces médaillons sont dus à l’habile pinceau de M. Monseret. »

Il assure des cours comme suppléant à la Faculté de Médecine, avant d’obtenir la chaire d’anatomie en 1853, poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite en novembre 1886 – même s’il tenta à plusieurs reprises d’obtenir une chaire plus proche de sa spécialité, la chirurgie. En 1880 il est élu pour cinq ans doyen de la Faculté de Médecine.

Son œuvre est abondante mais extrêmement morcelée. De ses Mémoires de médecine et de chirurgie cliniques, seul le premier tome paraîtra en 1850. En 1852 paraît son Résumé d’un cours complet de nutrition : De la nutrition considérée au point de vue anatomique et physiologique.

L’essentiel de ses travaux est constitué d’observations chirurgicales, souvent de quelques pages seulement, ou d’analyses d’ouvrages de chirurgie. L’anatomie, par contre, n’apparaît que très rarement ou pour dévier aussitôt sur l’anatomie pathologique. Il est en outre rédacteur en chef du Journal de la Société de Médecine de Montpellier.

Commandeur de la Légion d’Honneur, officier de l’Instruction Publique, il fait partie de nombreuses sociétés savantes : en 1847 il entre dans la nouvelle Académie des Sciences et Lettres de Montpellier refondée ; il est correspondant de diverses sociétés médicales ; en 1861 il devient membre de la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron ; en 1878 il adhère à la création de la Société Languedocienne de Géographie.

Il fut, toute sa vie, très actif au sein de l’Église réformée de Montpellier. Élu au Conseil presbytéral du Temple de la rue Maguelone, il y siège jusqu’à sa mort ; de 1874 à 1881, il en sera le secrétaire. Il est enterré au cimetière des protestants de Montpellier.

Depuis 1980, une rue de Millau porte son nom.

Le couple Benoît eut deux enfants. Leur fille Caroline Antonie Benoît (1846-1874), épousa le général François Perrier (1833-1888).

Leur fils Justin-Miranda-René BENOÎT, né à Montpellier le 30 novembre 1844, est lui aussi reçu docteur en médecine en août 1869, soutenant une thèse intitulée Étude spectroscopique sur le sang. Mais il s’oriente vers une carrière scientifique : il entre au laboratoire de physique de l’École des Hautes Études et se fait recevoir docteur ès sciences physiques en 1873 avec une thèse sur la résistance électrique des métaux. Peu de temps après il entre au Bureau international des poids et mesures installé à Sèvres, qu’il dirigera de 1889 à 1915 : ses travaux portent sur la mesure rapide des bases géodésiques, sur l’étude des mètres étalons, et il contribua à l’utilisation d’une longueur d’onde lumineuse pour l’évaluation constante et fiable du mètre ; à la conférence des poids et mesures de Paris en septembre 1889 il présente un rapport très documenté sur la détermination de nouveaux prototypes métriques. Membre correspondant du Bureau des longitudes en 1894, de l’Académie des Sciences (section physique générale) en 1903, membre du Bureau national des poids et mesures, il est aussi président de la Société française de physique. Il meurt à Courbevoie le 5 mai 1922.

Sources : Dictionnaire de Biographie Héraultaise, Pierre Clerc éditeur. Louis Dulieu, La Médecine à Montpellier, 1988, tome IV. Georges Girard, Des rues, des hommes, Millau, 1987.

Sur René Benoît : Dictionnaire de Biographie Française, tome V. Charles Edouard Guillaume, J. René Benoît, Paris, Institut de France, 1922. Louis Dulieu, La Médecine à Montpellier, 1988, tome IV.

 

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