BOEHM Auguste Théodore

BOEHM Auguste Théodore, Imprimeur-typographe et lithographe.

Né le 2 juin 1798 à Strasbourg, décédé le 5 octobre 1870 à Montpellier. Fils de Michel Frédéric Boehm, négociant relieur, et de Sophie Catherine Roederer, issue d’une lignée de maîtres orfèvres. Inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

 Fort de l’expérience acquise auprès de sa famille strasbourgeoise dans les arts de la reliure et de la gravure, nourri de solides études, il s’établit à Montpellier dès 1826. Associé puis successeur d’Ennemond Moquin, il installe les procédés lithographiques qui vont faire la renommée de l’atelier  « Lithographes brevetés, E. Moquin & Cie », et qu’il n’aura de cesse de perfectionner.

Dès 1827, le soin dont il est capable dans la reproduction des croquis est suffisamment réputé pour que les dernières découvertes de fossiles et d’espèces nouvelles soient lithographiées sur papier vélin dans leur atelier.

Lorsqu’il se marie en 1829 avec Sophie Élisa Grawitz, sœur du pasteur Charles Frédéric Grawitz, il est qualifié d’imprimeur lithographe, et son premier fils Charles Ennemond Eugène naît au domicile du couple, rue des Étuves dans la maison Tandon. Neuf enfants naîtront de cette union, dont 8 survivront.

Écrivain distingué, il fonde en 1830 le journal Le Courrier du Midi, géré par Alphonse Timon-David, dans lequel il publie de nombreux articles littéraires et philosophiques. En 1837, il succède à Jean Martel dit « François le Jeune » en tant qu’imprimeur de lettres, ajoutant ainsi cette activité à celle de lithographe.

Son immense atelier modèle devient alors un lieu d’expériences et de recherches intenses, et une école réputée où sont formés tous les principaux lithographes du Midi. Grâce à lui, les journaux et les revues spécialisées de province ont pu vaincre l’habitude et le préjugé qui ne demandaient des enseignements qu’aux presses et journaux de la capitale.

Dès 1840, il édite 56 planches dessinées par Jules Boilly qu’il lithographie avec deux teintes. En 1846, il publie des spécimens de son nouveau procédé d’impressions en relief, et en 1849 il se lance dans la chromolithographie en éditant 16 planches.

Boehm devient, entre autres, l’imprimeur de l’Académie, de la Mairie et de la Faculté de Médecine de Montpellier. Un contingent lithographique impressionnant et inestimable sortira de ses presses, pour les sciences médicales : Tribut à la chirurgie du Pr. Bouisson, Traité de pathologie du Pr. Jaumes, Étude médico-psychologique du Pr. Cavalier, Étude sur l’air comprimé du Pr. Eugène Bertin ; pour les sciences philosophiques et physiques : La Cosmogonie de Moïse de Marcel de Serres, les ouvrages historiques et religieux des pasteurs Grawitz, Corbière, Hugues  et Recolin. Des œuvres classiques latines et grecques, mais aussi 850 thèses de doctorats, sans compter des lithographies, toutes exécutées de façon irréprochable et d’une remarquable netteté : en 1839 et 1841 Vues de Montpellier et d’Arles et Promenade pittoresque au domaine de Lavalette de Jean Joseph Bonaventure Laurens,

JJ Bonaventure Laurens, "Vue générale du Planas", lithographiée par Boehm (1841)

JJ Bonaventure Laurens, « Vue générale du Planas », lithographie par Boehm (1841)

JJ Bonaventure Laurens, "Pont de la Glacière : pont suspendu sur le Lez à Montpellier", lithographie par Boehm (1841)

JJ Bonaventure Laurens, « Pont de la Glacière : pont suspendu sur le Lez à Montpellier », lithographie par Boehm (1841)

JJ Bonaventure Laurens, "Vue générale de Lavalette", lithographie par Boehm (1841)

JJ Bonaventure Laurens, « Vue générale de Lavalette », lithographie par Boehm (1841)

Monuments de quelques anciens diocèses du Bas-Languedoc de J. Renouvier, Tableau synoptique pour l’éducation des vers à soie d’Émile Nourrigat, Dessins divers de Charles Node, Le Jardin des plantes de Montpellier, essai historique et descriptif de Charles Frédéric Martins (1854).

Plan de la ville de Montpellier lithographié par Boehm (1855)

Plan de la ville de Montpellier lithographié par Boehm (1855)

Avec ses fils Charles Ennemond Eugène (1831-1889) et Eugène Frédéric (1837-1883) qui sont désormais ses associés, ils signent leurs parutions de « Boehm et fils, imprimeurs de l’Académie, place de l’observatoire », ensuite boulevard du Jeu de Paume, puis à Sète pour Eugène Frédéric.

D’après L. Benoit, professeur à la faculté de médecine, A.T. Boehm était dans l’intimité un homme d’une bonhomie mélancolique sous laquelle se cachait un esprit supérieur à sa condition sociale, rivé au travail industriel par les nécessités de la vie, par les appels d’une famille nombreuse et qui se heurtait parfois à des heures de découragement ou à l’impuissance pratique de ses aspirations intellectuelles. Dans le cercle des amis et en famille il faisait preuve d’un esprit logique et critique, exprimait son admiration et ses réserves sur l’opportunité des œuvres récemment parues.

En 1867, les années du repos et de la retraite étaient arrivées lorsque, obéissant à une irrésistible curiosité scientifique, il décide de partir explorer l’Égypte et l’œuvre du percement de l’isthme de Suez. Tranquille quant au sort de son entreprise industrielle reprise par ses fils, il consacre deux mois à étudier ce pays et cette société qui lui étaient inconnus. De retour à Montpellier il fait publier le récit de ce voyage riche de détails et empreint de poésie, accompagné d’un croquis du Canal : Six semaines dans l’isthme de Suez.

Il termine paisiblement son existence « entouré de l’affection de sa famille ». L. Benoit dira que « sa mort aurait été plus douce encore, si le sort de sa noble cité natale, pour laquelle il nourrissait un profond amour, ne lui avait apporté une extrême angoisse » : c’était le 5 octobre 1870.

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