BACKER Anne-Marie (de)

Anne-Marie Marguerite Serruau, épouse de Backer (1908-1987).

Anne-Marie Marguerite Serruau est née le 02 novembre 1908 à Contres dans le Loir-et-Cher, d’un père fonctionnaire, Jules Serruau, né à Autainville en 1870 et d’une mère institutrice, Marie Habert, née à Autainville en 1872. Elle a beaucoup déménagé au grès des mutations de son père, de Chinon à Autainville en passant par Provins. Elle perd sa mère à l’âge de 8 ans et la famille réside par la suite au Château de la Varenne de Courtiras, près de Vendôme.

Grâce à son frère Yves, elle entreprend ses études. Etant de santé fragile, elle prépare son bac par correspondance, ne pouvant aller à l’école. Elle reçoit un enseignement éclectique et apprend le latin, l’anglais, l’allemand et passe brillamment la première partie de son bac en 1927. C’est en 1929, qu’elle obtient au lycée d’Orléans, la deuxième partie de son bac de philosophie-lettres avec mention. C’est à cette date, qu’elle publie ses premiers poèmes dans la revue Les passeraux.

Par la suite, elle s’inscrit à la Sorbonne où elle obtient une licence libre et un diplôme de professeur de français à l’étranger. Elle voyage alors beaucoup, découvre l’Angleterre et ses poètes, Shelley et Keats qui la marqueront à jamais. En 1937, elle donne naissance à une fille prénommée Claude-Marie qui sera confiée à son frère et sera envoyée dans une pension religieuse. Sa mère ne lui rendra visite que très rarement.

Pendant la guerre, elle vit à Clermont-Ferrand. Cette période l’a bouleversée et l’a traumatisée. Elle passe alors des moments difficiles et rencontre à la fin de la guerre Albert de Backer, prisonnier rapatrié avec lequel elle se marie le 7 avril 1945.  Elle travaille alors comme dactylo-facturière dans une usine. Elle rencontre le docteur Balme, grâce à l’écrivain Henri Pourrat, historien, archéologue et directeur de la revue l’Auvergne littéraire.  C’est grâce à lui que Anne-Marie effectue son retour à la poésie. Il l’encourage à écrire à nouveau et publie ses poèmes dans sa revue. Lauréate en 1950 du Prix de la Poésie Française, elle publie son deuxième livre, poèmes, qui la fait connaître du monde des lettres. En 1952, elle fait son entrée dans l’univers très fermé de la poésie. En 1954 elle publie chez Seghers, Danse du cygne noir et se retrouve désemparée après le décès de son mari.

Les étoiles de novembre sont éditées en 1956, préfacé par Louis Emié. Sous son influence, elle découvre l’Espagne, visite Burgos, Barcelone, Cordoue, Tolède. Pendant des années, Anne-Marie partage alors son temps entre Mayenne où elle enseigne, Paris où elle fréquente plusieurs cercles poétiques, la Hongrie et l’Espagne. A Paris, elle adapte en français des poèmes pour le poète Ladislas Gara publiés dans L’anthologie de la poésie hongroise. Cette nouvelle activité d’adaptatrice-styliste l’amène à collaborer à l’adaptation en français d’œuvres de la littérature polonaise, bulgare et hongroise.

Toujours “hypnotisée” par l’Espagne, elle publie en 1963 La dame d’Elche et édite en 1967 L’étoile Lucifer. Elle participe à la traduction de L’anthologie de la poésie bulgare parue chez Seghers en 1968.

De 1973 à 1978, elle réside le plus clair de son temps à Budapest se consacrant totalement à ses activités de traductrice et de poète. En 1979, elle publie Oiseaux-soleil et s’installe à Montpellier, une ville qui par certains de ses aspects lui rappellent l’Espagne, pays qu’elle aimait tant. Elle reste cependant en contact avec la Hongrie et continue d’envoyer ses traductions aux éditions Corvina.

En 1982, elle reçoit du Pen Club Magyar le grand prix de traduction pour l’ensemble de ses travaux et donne plusieurs conférences à Paris où elle siège au jury Louise-Labé et à celui du grand pris de poésie de la ville d’Angers.

A Montpellier, elle participe à la vie locale en collaborant au Journal de Montpellier et en animant également une émission sur Radio Agora. Elle participe également à de nombreuses manifestations artistiques et poursuit son œuvre poétique.

En 1986, un mémoire de maîtrise de lettres modernes est consacré à la poésie d’Anne-Marie de Backer à l’Université Paul-Valéry de Montpellier.

Anne-Marie de Backer décède le 6 juillet 1987 à Montpellier. Ses cendres ont été dispersées dans la palmeraie d’Elche et dans les jardins de Grenade. Ses proches fondent alors, la Société des Amis d’Anne-Marie de Backer. Le 5 Novembre 1988, les villes d’Elche et de Montpellier rendent hommage à la mémoire du poète et inaugure conjointement une allée à Montpellier à son nom, en dévoilant une réplique du célèbre buste de la Dame d’Elche.

Bibliographie :

-HALLEY Achmy, Anne-Marie de Backer, fille adoptive d’un songe : abécédaire d’une œuvre-vie, Montpellier, Centre d’études littéraires françaises du XXème-Université Paul Valéry, 1992.

-Registres paroissiaux et d’état civil- Archives départementales du Loir-et-Cher, URL :  http://archives.culture41.fr/archives/recherche/etatcivil.

-Site officiel de la Mairie d’Autainville, URL : http://www.autainville.com/poesie.html

Léa Petitdemange et Elsa Benoit