CAMPREDON, Jacques MARTIN baron de

Jacques David MARTIN baron de CAMPREDONGénéral de division, pair de France. Né à Montpellier le 13 janvier 1761, mort à Montpellier le 11 avril 1837. Grand-officier de la Légion d’Honneur, Grand-croix de l’ordre du Mérite militaire ; Grand-croix de l’ordre des Deux-Siciles (royaume de Naples). Inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

Portrait du Général Martin de Campredon par le peintre suisse Alexander Emil Im Thurm. Huile sur toile (1856), Musée de l'Armée à Paris

Portrait du Général Martin de Campredon par le peintre suisse Alexander Emil Im Thurm. Huile sur toile (1856), Musée de l’Armée à Paris

Le général Martin est issu d’une famille de fabricants et de marchands de draps de Clermont-l’Hérault restée fidèle à la Réforme, anoblie en 1737. Il est le fils de Pierre Martin, secrétaire du roi en la chancellerie de Montpellier, et de Marie Viallars.

Son frère aîné, Pierre Martin de Choisy, héritant de la charge paternelle, Jacques est voué à la carrière militaire, comme son frère Victor, colonel, commandant le génie du 3e Corps sous Ney, mort en 1812 à Vilna pendant la retraite de Russie.

Cette tradition militaire est aussi celle de son entourage proche : sa sœur Marguerite-Pauline est l’épouse du général Marc Cabanes de Puymisson. Lui-même épouse en 1790 à Montpellier Marguerite Jeanne Gabrielle Poitevin, et les deux frères de sa femme sont militaires : Victor Poitevin (1770-1794), ancien élève de l’école du génie de Metz, et le vicomte Casimir Poitevin de Maureillan (1772-1829), lieutenant général du génie, inspecteur général des fortifications.

En 1782, Jacques David entre à l’École royale du génie de Mézières en 1782. Celle-ci avait été fondée pour former les ingénieurs du génie et son origine remonte à Vauban. Dans son sillage a été formée un corps d’ingénieurs spécialisés : c’est le comte d’Argenson, secrétaire d’Etat de Louis XV, qui crée véritablement l’Ecole de Mézières exclusivement destinée aux aristocrates, où les aspirants devaient suivre une formation théorique et pratique. Les promotions comptaient une vingtaine d’élèves et étaient renouvelées par moitié.

Sortant de l’Ecole avec le grade de lieutenant en 1785, puis capitaine en 1791, Jacques David participe aux campagnes napoléoniennes et franchit toutes les étapes de la hiérarchie militaire : il est l’un des meilleurs officiers du génie de Napoléon.

Aide de camp de divers généraux, professeur à la nouvelle École polytechnique (1794), sous-directeur des fortifications, il va faire ensuite l’essentiel de sa carrière en Italie où il fait six campagnes, mis à part quelques mois passés en 1798 à l’armée d’Angleterre ; il y sert d’abord à l’État-major du génie (1797), puis devient commandant en chef du génie de l’armée d’Italie : il est nommé général de brigade en 1799. Directeur des fortifications, il est chargé de la défense des côtes de la Méditerranée. En 1806 il passe au service du royaume de Naples gouverné par Joseph Bonaparte, commande le génie des troupes napolitaines et françaises stationnées et s’illustre en dirigeant le siège de Gaète, ce qui lui vaut les félicitations du ministre de la guerre au nom de l’empereur et le grade de général de division. Il est ministre de la Guerre et de la Marine du Royaume de Naples en 1809. En 1812 il revient au service de l’Empire, attaché à l’État-major du génie à la Grande Armée : il sert en Russie comme chef du génie du 10e Corps, dirigeant notamment le siège de Riga ; gouverneur de la Courlande, il est en 1813 le commandant supérieur du génie à Dantzig, dont il organise la défense après la retraite : il est fait prisonnier à la capitulation, est détenu à Kiev pendant cinq mois puis rentre en France en juin 1814.

Rallié à Louis XVIII qui le fait baron en septembre 1814, il est alors inspecteur général du génie. Le 27 juin 1814 il est nommé chevalier dans la première promotion de l’Ordre de Saint-Louis rétabli, malgré sa confession protestante : il sera ensuite transféré dans le Mérite militaire, tout en conservant son ancienneté. Pendant les Cent Jours, il est chargé de l’inspection des places fortes de la frontière du Nord. Lors de la seconde restauration en 1815, il est mis à la retraite ; il devient membre du conseil de perfectionnement de l’enseignement de l’École polytechnique en 1816, et après trois années de disgrâce est nommé inspecteur général des études des écoles militaires en 1818. En 1831 il abandonne ses responsabilités et se retire complètement à Montpellier. En 1835 il est nommé pair de France. Son nom est gravé sur le pilier sud de l’Arc de triomphe de l’Étoile à Paris.

À deux reprises sa foi protestante l’empêcha d’accéder à certaines fonctions : en 1782, premier élève de son école, il ne put être admis comme professeur de mathématiques dans la maison des Princes ; en 1816, désigné directeur de l’École polytechnique, il proposa les noms de nouveaux professeurs, dont celui de François Guizot comme professeur d’histoire ; le ministre de l’intérieur, Laîné, refusa en raison de la religion du candidat : Campredon fit savoir au ministre qui l’ignorait qu’il professait la même foi et ne put donc pas prendre cette direction.

Comptant en 1806 parmi les soixante propriétaires de département « les plus distingués par leur fortune et leurs vertus particulières et publiques », Campredon fut très actif au service de sa ville natale : il siège au conseil municipal, au conseil général de l’Hérault, au conseil académique ; membre de la Société d’agriculture de l’Hérault, il gère ses domaines de Mezouls et du Vertel. Il fut également membre de la Société des Amis de la Constitution, de la Société libre des sciences et belles-lettres de Montpellier (an VI). Membre du Consistoire de Montpellier en mars 1820, il est constamment réélu jusqu’à sa mort.

Il décède dans son hôtel place de la Canourgue, et est enterré par le pasteur Honoré Michel au cimetière des protestants de la ville.

Le tombeau Campredon, aujourd'hui très dégradé

Le tombeau Campredon, aujourd’hui très dégradé
[photo ass. MPM]

Famille MARTIN de CAMPREDON (Sect. H)

Au second plan, le tombeau du général de Campredon. Au premier plan, les deux tombes jumelles de son fils et de sa belle-fille [photo Bernadette Bessodes]

Son fils Jacques-Marie-Charles MARTIN de CAMPREDON (Montpellier 18 février 1797-29 août 1841), qui épouse à l’église réformée de Montpellier en 1828 Marie-Antoinette-Louise de PAUL (1806-1895), est auditeur à la Cour royale de Montpellier en 1820, puis conseiller en 1825 ; il meurt sans postérité. Le couple est inhumé au cimetière protestant, dans la grande concession familiale.

Sa fille Juliette-Gabrielle (Montpellier 1803-1891) épouse à Montpellier François Paul Louis Des Hours-Farel (1788-1878), futur maire de la ville.

 Publications : Charles Auriol a annoté et publié les

Documents militaires du lieutenant général de Campredon : Défense de Dantzig en 1813. Journal du siège ; journal personnel et notes du général de division Campredon, 1888 ;

La Défense du Var et le passage des Alpes, 1890.

 Sources : Charles Auriol, « Le lieutenant général de Campredon », Mémoires de la section des Lettres de l’Académie de Montpellier, 2e série tome premier, 1896 ;  G. Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l’Empire, 1934 ; Dictionnaire Napoléon (s.dir. André Tulard) ; Alain Pigeard, Les Étoiles de Napoléon, éd. Quatuor, 1996.

Bruno Belhoste, « L’Ecole du Génie de Mézières : l’alliance entre théorie et pratique », revue La Recherche, n°300 juillet-août 1997.

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