CASTELNAU Albert

Jean Jacques Michel Albert CASTELNAU, journaliste et homme politique. Né le 25 septembre 1823 à Montpellier, et décédé le 6 octobre 1877 à Paris. Célibataire. Inhumé au cimetière protestant de Montpellier.

 Fils d’Émile Castelnau (1793-1869), négociant, membre de la Chambre de commerce, et d’Anaïs Pomier (1800-1880), il est le frère d’Eugène (1827-1894), artiste peintre, de Paul (1832-1892) et d’Edmond (1834-1910), négociant. Grâce à la fortune familiale des Castelnau et surtout des Pomier, Albert va vivre sans aucun souci d’argent.

Après un cursus secondaire à Montpellier et à Paris, Albert entreprend des études de droit à l’université d’Aix-en-Provence, qu’il termine à Paris. Au moment de la Révolution de 1848, alors qu’il a 25 ans, il adhère aux idées républicaines et soutient financièrement plusieurs journaux montpelliérains auxquels il collabore : L’Indépendant, Le Suffrage universel dirigé par Aristide Ollivier, et L’Hérault socialiste avec lequel A.C. commence sa carrière politique. Défenseur non seulement du suffrage universel, du régime républicain, mais aussi de l’égalité, il est en 1850 l’auteur d’un pamphlet remarqué intitulé Les Riches : « Né parmi les favorisés de la fortune, écrit-il, je viens répéter à l’oreille du riche l’appel secret de sa conscience. » Il soutient la campagne du Suffrage universel contre l’envoi d’un corps français à Rome pour défendre les États pontificaux.

En décembre 1851, il fait partie de la « Société du Jeu de Paume » et de l’opposition au coup d’État de Bonaparte : arrêté avec 173 autres républicains, détenu pendant trois mois, il est déporté dans le premier convoi du 25 février 1852 en partance de Sète vers l’Algérie. Après deux mois d’enfermement au camp de Birkadem, il part pour Médéa, où il jouit d’une indépendance personnelle en raison de sa fortune ; Victor Hugo rapporte son témoignage dans Histoire d’un crime (1877).

Il consacre alors ses loisirs à reprendre l’étude du grec, trouvant chez Homère l’écho de la passivité sereine, sans rien abandonner des ses convictions politiques. Sa déportation est commuée en exil en Angleterre, où il publie une petite brochure intitulée L’Autorité et où il correspond avec Hugo. Il décide ensuite de partir en Grèce : sur le trajet, il reçoit l’autorisation de passer huit jours à Montpellier auprès de sa famille, puis il visite Florence, où il contracte le goût et l’amour du siècle de la Renaissance ; de ses recherches approfondies, il tire un roman historique en deux volumes, Zanzara, la renaissance en Italie, qui paraît lors de son retour en France en 1860, puis un ouvrage qui sera publié après sa mort par son frère Eugène : Les Médicis (1879). C’est ainsi que commence la carrière littéraire d’A.C. Ami du mécène montpelliérain Alfred Bruyas, il collabore à quelques revues littéraires, ne tarissant pas d’éloges par exemple sur les Misérables de Hugo, où il reconnaît une sensibilité politique et sociale proche de la sienne. Il est également l’auteur de deux volumes de vers : un poème humoristique, Simplice ou les zigzags d’un bachelier (1866), et des Sonnets historiques (1873).

Sa curiosité le fait se tourner vers les problèmes intellectuels et publier des ouvrages philosophico-sociaux : La Question religieuse en 1861, où il développe ses idées sur l’athéisme et l’anticléricalisme ; La Question sociale et le positivisme (1871). Rallié au positivisme, il donne plusieurs articles à la revue La Philosophie positive.

Albert CASTELNAU

[photo Bernadette Bessodes]

L’évolution libérale de l’Empire à la fin des années 1860 lui donne l’occasion de renouer ouvertement avec la politique : il soutient de sa fortune la création de nouvelles feuilles républicaines, il fonde en 1869 La Liberté de l’Hérault. Pendant le siège de Paris, il s’enrôle dans la Garde nationale et œuvre au service du Comité de secours aux blessés de l’Hérault qu’il a fondé et qu’il subventionne.

Bien qu’il soit absent de Montpellier, les républicains de la ville le désignent comme candidat aux élections du 8 février 1871 ; battu lors de cette première tentative, A.C. est élu au mois de juillet suivant au Corps législatif, et siège au sein de l’Union républicaine ; il entre également au Conseil général de l’Hérault.

Ainsi commence sa dernière carrière, parlementaire. Il se consacre à trois tâches qui lui semblent prioritaires : effacer les traces de la défaite et de la guerre civile, améliorer le sort des déshérités et répandre l’instruction publique. Réélu en février 1876, il tombe malade peu après et ne peut plus guère siéger à Versailles. Alors que les républicains approuvent le 3 octobre 1877 à l’unanimité sa candidature pour les prochaines législatives anticipées en raison de la dissolution de l’Assemblée par Mac Mahon, il décède trois jours plus tard.

Selon son souhait, il est enterré civilement, au cimetière protestant de Montpellier dans la concession familiale. La République du Midi, dans un dernier hommage, salue en lui « la conscience de la démocratie montpelliéraine ».

 Sources : Dictionnaire de biographie française, tome 7. Édouard Durranc, Albert Castelnau, notice biographique, 1877.

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