BOUVIER Marguerite

Marguerite BOUVIER (1788-1809), première défunte inhumée au cimetière protestant de Montpellier.

La première inhumation dans le cimetière des protestants eut lieu le 20 novembre 1809, le jour même du décret signé par l’Empereur Napoléon, au Palais des Tuileries, autorisant le Maire de Montpellier à acquérir le terrain pour l’établissement du cimetière. Ce décret venait en fait régulariser l’acte de vente passé le 16 septembre 1809.

En effet, depuis la « révolution funéraire » que représente le décret sur les sépultures du 23 prairial An XII (12 juin 1804), les protestants réclamaient la création d’un cimetière particulier pour leur communauté, en vertu de l’article 15 de ce texte qui établit l’existence légale des cimetières confessionnels : « Dans les communes où l’on professe plusieurs cultes, chaque culte doit avoir un lieu d’inhumation particulier ; et, dans le cas où il n’y aurait qu’un seul cimetière, on le partagera par des murs, haies ou fossés, en autant de parties qu’il y aura de cultes différents avec une entrée particulière pour chacune et en proportionnant cet espace au nombre d’habitants de chaque culte. »

La première défunte à y être inhumée est Marguerite Bouvier, décédée le 19 novembre à l’âge de 22 ans : elle était native de Marbourg en Westphalie, épouse de l’officier Jacques BOUVIER.

Né à Montpellier le 30 novembre 1771, Jacques André Bouvier est le fils de Thomas Bouvier, voiturin (qui conduit, moyennant paiement, des voyageurs dans sa voiture attelée) et de Catherine Estève. Engagé volontaire dès le 1er août 1792 dans les armées françaises, il est nommé presque aussitôt caporal et sert dans l’Armée du Nord. Promu lieutenant en juin 1793, il passe dans l’armée des Pyrénées orientales, puis dans l’armée d’Italie sous le commandement de Bonaparte. En août 1806, il devient capitaine au 28e régiment d’infanterie légère. De 1811 à 1813, il est légionnaire dans l’armée d’Espagne, puis devient chef de bataillon au 16e régiment d’infanterie légère en mai 1813. Il est promu officier de la Légion d’honneur en août de la même année.

Brillant soldat, il s’illustre aux sièges de Figuières, de Mantoue, de Saragosse et de Badajoz. Il est blessé à la tête devant Saragosse en 1809, à la cuisse gauche en janvier 1810 lors du passage de la Sierra Morena puis à la bataille d’Albuera (mai 1811).

Après le décès de Marguerite, il se remarie à Montpellier, le 1er mai 1817, avec Antoine Françoise Ribot, née à Pézenas le 26 floréal an 3 (soit le 15 mai 1795), fille d’Antoine Esprit Ribot, ancien employé aux hôpitaux militaires de Montpellier, âgée de 22 ans et elle-même veuve depuis juin 1816 de Guillaume Pascalet, commissionnaire.

Le couple a 7 enfants : Gustave, soldat au 1er régiment du Génie ; Emile ; Eugénie ; Pamela ; Victorine ; Clotilde ; Nancy.

Jacques Bouvier décède à Gignac le 1er décembre 1842, à l’âge de 71 ans.

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