BAUDART Auguste Achille

Auguste Achille BAUDART, Colonel au 122e régiment d’Infanterie. Né le 16 novembre 1844 à Aure (Ardennes), décédé le 15 décembre 1898 à Montpellier. Fils d’Etienne Baudart, peigneur de laine, et de Marie Sophie DROUET, couturière. Epoux de Wanda Lucie Constance Camille SIERZPUTOWSKA. Officier de la Légion d’honneur, Commandeur des Ordres du Dragon d’Annam et du Cambodge, Médaillé colonial, du Tonkin et de l’ordre du Nichan Iftikhar. Inhumé au Cimetière Saint-Lazare de Montpellier.

A Aure (dans le département des Ardennes), par un petit matin frileux de novembre 1844, Marie Sophie, 20 ans, met au monde un garçon que son père, Etienne Baudart, prénomme Auguste Achille. L’enfant grandit à la ferme de ses parents, honorables cultivateurs, mais, dans ses yeux gris, passent des rêves d’aventures et d’ailleurs. Sa nouvelle vie commence le 3 mars 1862 : à 17 ans, il s’engage comme volontaire. Le 8, il est incorporé au 9° régiment d’Infanterie de ligne basé en Algérie : Auguste Achille devient le soldat Baudart, matricule 504.

Il participe à l’Insurrection du Sud (1864), aux Expéditions du Sénégal (1861) et de la Cochinchine (1862). Caporal, sergent, puis sergent-major, le 10 janvier 1869 il est nommé adjudant. Le 7 août 1869, il est muté à Alger au 1er Régiment de Tirailleurs, fameux régiment créé en 1856 ayant pour emblème un croissant d’argent aux branches jointes sur une main de fatma où figure la devise Toujours le Premier en caractères arabes. Il participe à toutes les campagnes de pacification d’Algérie, de Kabylie, du Maroc et du Mexique. Comme tous les soldats tirailleurs, le sous-officier Baudart porte la typique chéchia rouge vissée sur la tête et participe activement à la campagne d’Afrique du 11 septembre 1869 au 9 novembre 1870. Promu Lieutenant le 22 octobre 1870, la campagne contre l’Allemagne retarde sa nomination au 18 novembre.

La devise du 1er Régiment de tirailleurs d’Algérie, « Toujours le Premier », inscrite en caractères arabes.

La devise du 1er Régiment de tirailleurs d’Algérie, « Toujours le Premier », inscrite en caractères arabes.

 En 1870, après la défaite de Sedan qui entraîne la chute de l’Empire de Napoléon III, les Tirailleurs sont appelés à s’unir aux efforts de guerre : le régiment, intégré à l’Armée de Châlons, participe dès novembre 1870 à la guerre franco-prussienne et, envoyé à l’armée de l’Est en janvier 1871, participe à la difficile campagne du Jura et à la retraite vers la Suisse. Baudart échappe aux balles allemandes, à la variole qui décime les troupes mais, fait prisonnier du 1er février au 13 mars 1871, il assiste impuissant à la défaite française et à la victoire sans appel de l’Allemagne.

Le Lieutenant Baudart regagne l’Afrique et, nommé capitaine le 1er mai 1875 au 15e régiment d’Infanterie de ligne, il est affecté au 3e régiment des Zouaves dès le 20 novembre de la même année.

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Etats de service d’Auguste Baudart (source Léonor)

Le 23 août 1880, il épouse à Philippeville (actuelle commune de Skikda en Algérie) la très jeune Wanda Lucie Constance Camille SIERZPUTOWSKA (née le 13/12/1862), fille de Charles Thaddée Sierzputowski de Kostka, noble insurgé polonais installé en Algérie vers 1830, qui refusa d’être naturalisé français espérant toujours le relèvement de sa chère Pologne.

Ce dernier, doué pour le dessin, avait été engagé comme dessinateur par le général Camille Trézel, qui lui avait concédé des terres sur lesquelles d’ailleurs il laissa le libre passage des routes qui se construisaient à l’époque. Devenu riche colon agriculteur, il prit une part active à la vie politique de Philippeville, faisant partie du conseil municipal. En avril 1930 c’est sous son nom de jeune fille que Wanda signera un article dans la revue Les Amis de la Pologne relatant l’épopée de ses ancêtres.

Le 13 juillet 1881, le capitaine-adjudant major Auguste Baudart est nommé chevalier de la Légion d’honneur pour 19 ans de service effectif et 14 campagnes.

De 1883 à 1885 la France envoie en Extrême-Orient un corps expéditionnaire occuper et pacifier le Tonkin afin d’y conserver le protectorat qu’elle avait établi. Durant ces 3 années, marins, soldats de l’Infanterie de marine, spahis, chasseurs d’Afrique, zouaves, tirailleurs algériens et légionnaires, opèrent aussi bien au Tonkin, en Annam qu’en Chine. Les opérations se terminent le 9 juin 1885 ; le 29 juillet Auguste Baudart est nommé Chef de bataillon et reçoit la Médaille commémorative de l’expédition du Tonkin en septembre. Il demeure en Extrême-Orient jusqu’au 20 août 1887. Déjà décoré de l’Ordre du Nichan Iftikhar en 1883, il est fait Commandeur des Ordres du Dragon d’Annam en 1886, de la médaille du Cambodge et de la Médaille coloniale et du Tonkin.

En 1883, 1884 et 1885, le Capitaine BAUDART participe aux opérations militaires dirigées contre la Chine et l'Annam.

En 1883, 1884 et 1885, le Capitaine BAUDART participe aux opérations militaires dirigées contre la Chine et l’Annam.

De retour en métropole, il est promu Colonel au 122e régiment d’Infanterie, à la caserne des Minimes de Montpellier (située cours Gambetta et aujourd’hui disparue) où Paul Valéry servit comme volontaire entre 1892 et 1894 ; il est nommé officier de la Légion d’honneur le 5 juillet 1888.

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Les derniers instants du colonel Baudart

Ce colonel sorti des rangs possédait une haute idée de l’honneur et du patriotisme, son amour pour l’armée était immense. Il ne devait sa situation qu’à sa vaillance, à ses brillants états de services et à ses campagnes glorieuses. Mais à 54 ans, le 15 décembre 1898, rue Beaume à Montpellier, le dernier combat est perdu d’avance, il le sait. Sur son lit de mort, il se fait apporter le drapeau du régiment, exprime le vœu de l’embrasser et souhaite être inhumé aux côtés de ses hommes.

A la demande des officiers et soldats du 122e, la Ville octroie une concession perpétuelle au cimetière communal pour l’édification d’un monument à sa mémoire où il repose toujours.

Tombe d'A. Baudart au cimetière Saint-Lazare

Tombe d’Auguste Baudart au cimetière Saint-Lazare [photo ass. MP]

Montage-photo de la dalle funéraire où sont inscrites les décorations correspondantes [ass. MP]

Montage-photo de la dalle funéraire et des différentes décorations inscrites dessus [ass. MP]

Sources : Wanda SIERZPUTOWSKA, « Un insurgé en Algérie », Revue mensuelle Les amis de la Pologne, avril 1930, pages 109-110. Hommes et destins : Dictionnaire biographique d’outre-mer, Académie des sciences d’outre-mer, Volume 1, 1975 : notice Charles de Richter. « Historique des garnisons, combats et batailles du 122e RI de ligne » (Wikipédia). Guide Historique du Cimetière Saint-Lazare, Montpellier, 1989.

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