BALL Nicholas Alexandre

Nicholas Alexander BALL. Né en 1824 à Dublin (Irlande) décédé le 25 juin 1856 à Montpellier. Fils de Nicholas BALL et Jane SHERLOCK. Célibataire. Inhumé au cimetière Saint-Lazare de Montpellier.

Nicholas Alexander Ball est décédé à l’âge de 32 ans à Montpellier dans le très chic et huppé hôtel Nevet sur la place de la Comédie, où il résidait provisoirement avec son frère, le capitaine Thomas George Ball (1821-1864).

Il repose au cimetière communal de la Ville où l’on peut encore lire sur sa pierre tombale qu’il est le troisième fils de l’honorable Nicholas Ball, membre du Conseil privé de sa Majesté et un des juges à la Cour des Common Pleas d’Irlande, et de son épouse Jane Sherlock de Butlerstown. Son acte de décès mentionne qu’il est sans profession.

Inscriptions sur la tombe de N.A. Ball au cimetière Saint-Lazare

Inscriptions sur la tombe de N.A. Ball au cimetière Saint-Lazare [photo ass. MP]

Ces précieuses indications nous éclairent sur cette illustre et puissante famille irlandaise de confession catholique romaine.

Son père, prénommé aussi Nicholas (1791-1865), fils de Bennet Mabel-Clare et de John Ball, riche marchand de soieries de Dublin, vécut de nombreuses années au 75, St Stephen’s Green. Il étudie avec acharnement le droit au Trinity Collège avec Sir Thomas Wyse (1791-1862) futur époux de Laetitia Bonaparte (nièce de Napoléon) avec lequel il restera très proche ayant les mêmes affinités politiques et la même sensibilité religieuse. Avocat admis au Barreau en 1814, il épouse le 30 octobre 1817 Jane Sherlock (1791- 1867), fille de Sir Thomas Sherlock, esquire de Butlerstown, et de Jane Mansfield. Membre du Conseil du Roi Georges IV en 1830 puis juge, il est nommé Sergent du Roi. En politique, sous l’étiquette libérale, il est élu début 1836 à la Chambre des communes pour la Ville de Clonmel (comté de Tipperary). Sous le second gouvernement de Lord Melbourne, il devient procureur général d’Irlande de Juillet 1838 à février 1839, ensuite nommé juge de la Cour des plaids communs d’Irlande : il est le second membre de l’Eglise catholique romaine depuis le règne de Jacques II d’Angleterre à ce poste prestigieux avec une compétence exclusive sur cette Cour, seul avocat autorisé à y porter une affaire, tout en ayant le droit de plaider dans d’autres tribunaux. En 1839, admis comme conseiller de l’Honorable Society of King’s Inns (HSKI) de Dublin, société d’enseignement professionnel créée en 1541 pour contrôler l’entrée des avocats dans le système judiciaire de la République d’Irlande, il en devient trésorier de 1843 à 1844. Orateur hors pair, il se fait remarquer par sa plaidoirie au procès de Charles Gavan Duffy, favorable à l’émancipation des catholiques.

John Ball (source : BNF)

John Ball (source : Gallica – BNF)

Son frère ainé, John Ball (1818-1889), est célèbre comme naturaliste et alpiniste. Après de brillantes études de droit au Collège catholique romain d’Oscott puis de Cambridge, il voyage dans toute l’Europe, explore particulièrement la Suisse et publie des articles sur sa flore et ses glaciers. De retour en Irlande en 1848, il est élu au parlement de la ville de Sligo, mais démissionne en 1852. Nommé sous-secrétaire pour les colonies, il occupe ce poste deux ans, durant lesquels il milite pour les recherches scientifiques, contribue activement à la constitution de l’expédition Palliser au Canada et à l’étude systématique de la flore des colonies britanniques : en hommage, des montagnes dans les Rocheuses canadiennes reçoivent le nom de monts Ball. Battu aux élections, il abandonne définitivement la politique en 1858 et se consacre entièrement à sa passion pour l’histoire naturelle, devient le premier président du Club alpin fondé en 1857 et publie un guide alpin publié en 1863 et 1868. Marié en 1856 avec Eliza, fille du naturaliste et voyageur le comte Alberto Parolini de Lombardie, il vit en Italie de 1861 à 1869. Vers 1863, il traverse la chaîne des Alpes 48 fois par 32 routes différentes, parfois en compagnie de son ami intime, l’industriel William Edward Forster (1818-1886). A la mort de son épouse vers 1867, il hérite du domaine de Bassano, aux pieds des Alpes vénitiennes. En 1869 il se remarie à Julia O’Beirne de Jamestown.

Sa jeune sœur, Jane Isabelle Ball, épouse en 1866 Henry Edward Doyle (1827-1893), artiste, réalisateur, commissaire à Rome de l’Exposition internationale de 1862, nommé pour cela Chevalier de l’Ordre de Pie IX, surintendant des Arts de l’Exposition Internationale de 1865, secrétaire honoraire de la National Portrait Gallery, puis directeur de la Galerie nationale d’Irlande, membre du Comité d’avis pour les expositions spéciales des portraits nationaux de 1866 à 1868, et membre de l’Académie Royale d’Hibernian. Jane, érudite et passionnée de littérature, sera très attachée à son neveu, le fameux écrivain Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930). On ne peut s’empêcher de penser que l’écrivain pourrait s’être inspiré du nom de Jane SHERLOCK, la mère de sa tante chérie, pour baptiser l’illustre détective…

Les liens particuliers de cette famille avec Montpellier se confirment lorsqu’en 1903, Sherlock Holmes lui-même déclare dans La Maison Vide : « J’ai passé quelques mois à faire des recherches sur les dérivés des goudrons de houille dans un laboratoire de Montpellier. »

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