BOUWENS William Oscar

William Oscar Wilford BOUWENS VAN DER BOIJEN, architecte.

Né le 13 septembre 1834 à La Haye (Pays-Bas), décédé le 13 septembre 1907 à Jouy-en-Josas (Yvelines). Fils d’Anthony Bouwens van der Boijen et de Mary Ann BULKLEY (1809 Antigua-1863 Paris). Naturalisé français par décret du 4 octobre 1868.

 D’origine hollandaise par son père et anglaise par sa mère, il reçoit en baptême le prénom de son grand-père maternel, William Fisher Bulkley, fils d’un musicien de l’orchestre de Covent Garden, co-propriétaire du théâtre Bristol, et d’une actrice populaire, Mary Wilford.

Extrait d'acte de naissance d'Oscar Bouwens

Extrait d’acte de naissance d’Oscar Bouwens

Encore jeune, William, sa fratrie et leur mère s’installent en France. Divorcée de leur père, elle épouse à Paris en 1860 l’architecte Léon Vaudoyer (1803-1872), dont elle a eu un fils, Alfred (1846-1917), lui aussi illustre architecte. C’est donc tout naturellement que William se tourne en 1852 vers cette carrière, entre dans l’atelier d’Henri Labrouste (1801-1875), étudie aux Beaux-Arts de Paris, reçoit une solide formation classique et une médaille de l’école qu’il quitte en 1857, achevant sa formation dans l’atelier de son beau-père.

Commence alors une brillante carrière : membre du conseil des Bâtiments civils, sous-inspecteur des travaux du Conservatoire des arts et métiers, inspecteur des Nouveaux octrois de Paris et inspecteur des travaux du 16e arrondissement de Paris suite à l’annexion des villages de Passy et d’Auteuil en 1860.

En 1865, Paris accueille l’Exposition universelle d’art et d’industrie : William reçoit le titre d’officier du Nichan Iftikhar pour ses dessins et modèles. La même année, à Montpellier, pour répondre aux besoins de la communauté protestante en plein essor et à l’occasion des travaux de rénovation urbaine du Second Empire, le maire de Montpellier, Jules Pagézy, ouvre un concours public pour la construction du Grand Temple de la rue Maguelone. William obtient le premier prix avec la dédicace « L’architecture est l’écriture des peuples », mais son projet va se révéler irréalisable : William refuse de modifier son plan, renonce à sa première place et donc à la construction. La construction débute cependant en 1867 sous la responsabilité de l’architecte lyonnais Estibot, lauréat du second prix, puis du montpelliérain Corvetto.

En 1868, autant par goût pour la France que pour faciliter ses activités professionnelles, il demande et obtient la nationalité française. A cette époque, la transformation de la capitale offre d’énormes possibilités aux architectes et c’est le moment le plus actif de sa carrière. Il devient membre de la Société centrale des architectes en 1873, reçoit la Médaille d’architecture privée en 1875 et les insignes de la Légion d’honneur en 1878, est nommé Architecte en chef des Bâtiments civils et des Palais nationaux. Il créé lui-même une médaille annuelle pour les écoles privées d’architecture.

Depuis son agence située 138 av. des Champs-Élysées, il œuvre principalement dans la plaine Monceau à Paris, pour les banquiers qui forment l’essentiel de sa clientèle : l’hôtel Goldschmidt, l’hôtel d’Eugène Péreire, l’hôtel Bamberger, l’hôtel Kann, pour lequel il construira à Houlgate en 1874 la villa-castel villa Madeleine. Le banquier et économiste Henri Cernuschi s’adresse à lui pour son hôtel particulier de l’avenue Vélasquez ; dans un style néoclassique, il crée pour ce grand voyageur collectionneur une salle immense pour son bouddha japonais de 4 m de haut ; il réalise sa tombe au Père-Lachaise (1896), divers autres monuments funéraires (ceux d’Edmond About, d’Alexandre Dumas), des hôtels particuliers à Londres, Francfort-sur-le-Main, restaure les châteaux de Beauregard et d’Épinay. Mais son œuvre la plus ambitieuse est incontestablement le siège central du Crédit lyonnais, boulevard des Italiens à Paris, construit à partir 1876.

Dans le privé, WB est l’ami intime du compositeur et chef d’orchestre Ernest Boulanger (1815-1900), marié à la jeune princesse russe et cantatrice Raïssa Mycheteskaya. Parrain de leur fille aînée Nadia (1887-1979), pianiste, organiste, chef d’orchestre et excellente pédagogue, il devient au décès d’Ernest le tuteur de Nadia et de sa jeune sœur Lili (1893-1918), compositeur et musicienne.

Lili Boulanger

Lili Boulanger

Nadia Boulanger, avec Igor Stravinski

Nadia Boulanger, avec Igor Stravinski

WB se marie avec Flora Hélène SCHOTT (décédée à Paris en décembre 1913), civilement en décembre 1861 à Francfort-sur-le-Main, ville dont elle est originaire : les époux reçoivent en décembre 1864 à Paris la bénédiction nuptiale du pasteur Athanase Coquerel fils au temple de l’Oratoire Saint-Lazare.

 Le couple a quatre enfants.

Le fils aîné Richard Bouwens (1863-1939) devient architecte comme son père, en 1892. Il épouse en 1894 Marthe Lazard, fille de banquier. Il travaille avec son père, devient après lui Architecte en chef des Bâtiments civils et des palais nationaux, et l’Architecte en chef du Crédit Lyonnais dont il réalise l’agrandissement du siège social. Auteur de plusieurs hôtels particuliers à Paris et ses environs (le célèbre hôtel David-Weill à Neuilly ; son propre hôtel personnel 8 rue de Lota dans le 16e arrondissement, dont la façade est primée au concours de la ville de Paris en 1899), il est également l’architecte de la Compagnie Générale Transatlantique : il participe, en 1930-1934, à l’aménagement du paquebot Normandie.

Hélène Bouwens, artiste peintre, exécute entre autres le portrait de Mme Ernest Boulanger vers 1890. Elle épouse en 1888 Raymond Koechlin (1860-1931) d’origine mulhousienne, journaliste, directeur du bulletin de politique étrangère au Journal des Débats, historien de l’art et collectionneur éclairé, co-fondateur de la Société des Amis du Louvre. Hélène meurt prématurément à l’âge de 30 ans, sans enfant.

Max Léon Otto Bouwens (1872-1922), après des études classiques au collège Sainte-Barbe, devient dès 1894 attaché à la Bibliothèque de l’Arsenal à la demande d’Alexandre Dumas fils, de Gaston Paris et de Camille Doucet. Mais ses fonctions de bibliothécaire ne le détournent pas de sa passion musicale : il apprend la musique sous la direction d’Henri Maréchal, dont il est l’un des plus brillants élèves. Il devient un compositeur prolixe. En octobre, 1890 il lance la revue littéraire Le Mensuel, à laquelle collabore le jeune Marcel Proust. En 1903, il épouse Anne Louise Charlotte Glaudin, sa concubine depuis quelques années qui lui avait déjà donné deux filles, en 1900 et en 1901.

Enfin Alfred William Louis Bouwens (1873-1957) est artiste-peintre ; il épouse en octobre 1905, dans la chapelle anglicane de Dieppe, Esmée Reynell-Lane, artiste-peintre anglaise.

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