SALZMANN Philippe

Philippe SALZMANN. Botaniste, médecin et entomologiste allemand. Né en 1781 à Erfurt (Prusse), décédé le 11 mai 1852 à Montpellier. Fils de Christian-Gotthilf Salzmann, pasteur, et Sophie Magdalene Schnell.

 L’influence de son père, connu comme le « Jean-Jacques Rousseau allemand », sera marquante pour le jeune Philippe. CG Salzmann

Christian-Gotthilf Salzmann (Sömmerda 1744- Schnepfenthal 1811), nommé Pasteur en 1768, épouse Sophie Magdalene Schell en 1770 et collabore au Collège Philanthropique fondé par Johan  Bernhard Basedow à Dessau, de 1781 à 1784. En 1784, ce théologien pédagogue, inspiré par John Locke et Jean-Jacques Rousseau, critique violent des méthodes d’éducation sévères de son temps, décide de mettre en œuvre de nouvelles règles d’enseignement et fonde son propre établissement d’éducation philanthropique, à Schnepfenthal, près de Gotha. Il s’entoure de collaborateurs comme Johann Christoph Friedrich Gutsmuths, pédagogue, et Johann Matthäus Bechstein, zoologiste, naturaliste et forestier.

Selon lui, l’école doit être une famille qui forme les jeunes dans l’amour du prochain, et c’est tout naturellement que le jeune Philippe et ses nombreux frères et sœurs trouvent leur place dans cette célèbre institution, parmi les autres élèves de leur père.Ecole Salzmann

Philippe Salzmann reçoit alors une éducation soignée, dispensée dans la joie et ouverte sur le monde extérieur. Grâce à ses maîtres et à l’éducation reçue, Philippe, est ce que l’on pourrait appeler de nos jours, un esprit sain dans un corps sain. Il devient un homme rapidement sensibilisé aux beautés de la nature au sein même des pittoresques forêts majestueuses de la Thuringe.

De plus, conformément à la philosophie du père, au-delà des matières incontournables, le programme pédagogique comporte l’étude des chants religieux mais aussi laïques, des jeux et des exercices pratiques, des travaux manuels liés à l’observation de la nature : jardinage, travail du bois mais aussi ce qui est d’une grande nouveauté pour l’époque, un programme d’éducation physique incluant l’équitation.

 Quand Christian-Gotthilf meurt le 31 octobre 1811, il est inhumé dans le « cimetière de la forêt » près de Schnepfenthal et son fils aîné, Charles, soutenu par sa femme, continue  son œuvre. Cet établissement est encore de nos jours un internat secondaire spécialisé dans les langues étrangères.

 Philippe étudie la médecine à Göttingen, à Vienne, à Halle et à Paris. Devenu médecin et entomologiste, il rêve d’explorer le monde. La terre est grande, l’aventure l’appelle, il veut découvrir des espèces nouvelles de végétaux et d’insectes, il cède à son irrésistible envie de voyages. Partout où il passe, il explore, observe, cueille et classe les plantes qu’il récolte et les insectes qu’il collecte.

 Il séjourne à Bahia au Brésil, puis on le retrouve au Cap. De retour en Europe, après un intéressant voyage botanique dans le midi de l’Espagne, il se rend à Tanger en Algérie au commencement de l’été 1823. Il y séjourne un an pendant lequel il recueille d’importants spécimens, « malgré les limites étroites de ses recherches, en raison de la situation politique du pays ». Il se rend également au Maroc.

De 1825 à 1827, de retour en France, il publie de Plantaelectae in itinere Ispanico-Tingitano et un exiccata de 300 espèces dont il a prélevé le fruit chaque fois que c’était possible et dont la conservation a été réalisée avec le plus grand soin, bien que, curieusement, les étiquettes de ses herbiers soient toujours étrangement de très petite taille.

Ensuite, il parcourt la Corse et enfin le Midi de la France. Il se fixe à Montpellier où il passe les dernières années de sa vie comme « professeur de langues ».  La somme de son labeur personnel et l’étude patiente de la flore représentent un riche herbier qu’il lègue à la faculté des Sciences de sa ville d’adoption.  Ce voyageur infatigable avait une correspondance étendue avec les botanistes de son temps. Malheureusement, dans l’hospice où se passèrent ses derniers jours, d’énormes liasses de ses lettres furent employées, à son insu, à allumer les poêles de l’asile. Quelques rares exemplaires de ses notes, miraculeusement rescapés de cette destruction ont été pieusement recueillis par M. Jules Lichtenstein qui hérita également de ses collections entomologiques.

 Philippe Salzmann a largement contribué aux progrès de la connaissance de la végétation du globe. En hommage à ce botaniste, une espèce de pin des Cévennes qui forme une belle et célèbre forêt à Saint-Guilhem-le-Désert, porte son nom : le Pin de Salzmann (Pinusnigrassp. Salzmannii).

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